(DISCOURS PRONONCÉ À L’ÉGLISE D’OLIVET, 1969)
Le pouvoir partout où il y a des gens. Le pouvoir partout où il y a des gens. Laissez-moi vous donner un exemple de comment enseigner aux gens. Fondamentalement, la façon dont ils apprennent est l’observation et la participation. Vous savez, beaucoup d’entre nous nous moquons de nous-même en croyant que les masses ont des doctorats, mais ce n’est pas vrai. Et même si c’était le cas, cela ne ferait aucune différence. Parce qu’il y a des choses que vous devez apprendre en les observant ou en y participant. Et vous savez vous-mêmes qu’il y a des gens qui se promènent dans votre communauté aujourd’hui et qui ont toutes sortes de diplômes, qui devraient être à cette réunion mais qui ne sont pas là. N’est-ce pas ? Parce que vous pouvez avoir autant de degrés qu’un thermomètre. (NdT: En anglais, « degrees » signifie « degrés » et « diplômes ») Si vous n’avez pas de pratique, alors vous ne pouvez pas traverser la rue et mâcher du chewing-gum en même temps.
Laissez-moi vous raconter comment Huey P. Newton, le leader, l’organisateur, le fondateur, l’homme principal du Black Panther Party, s’y est pris.
La communauté avait un problème là-bas en Californie. Il y avait une intersection, une intersection à quatre voies ; beaucoup de gens se faisaient tuer, des voitures leur roulaient dessus, et les gens sont descendus et ont fait part de leurs griefs au gouvernement. Vous l’avez déjà fait, je sais que vous, les gens de la communauté, l’avez fait. Et ils sont revenus et les porcs ont dit : « Non ! Vous ne pouvez pas avoir de grief. » Oh, ils ne disent pas d’habitude que vous ne pouvez pas en avoir. Ils sont devenus un peu plus enthousiastes que ça maintenant. C’est ce que ces degrés sur le thermomètre vous donneront. Ils vous disent : « Ok, on va s’en occuper. Pourquoi ne pas revenir à la prochaine réunion et perdre un peu de temps ? »
Et ils vous entraînent dans une excursion de futilité, et vous vous retrouvez dans un cycle de folie, et vous allez y retourner et y retourner, et y retourner tellement de fois que vous êtes déjà devenu fou.
Alors ils vous disent, ils vous disent : « Ok les n—–, qu’est-ce que vous voulez ? »Et puis vous sursautez et vous dites : « Eh bien, ça fait si longtemps, on ne sait pas ce qu’on veut », et puis vous sortez de la réunion et vous êtes partis et ils disent : « Eh bien, vous les n—–, vous avez eu votre chance, n’est-ce pas ? »
Laissez-moi vous dire ce que Huey P. Newton a fait.
Huey Newton est allé chercher Bobby Seale, le président du Black Panther Party au niveau national. Bobby Seale a pris son 9mm, c’est un pistolet. Huey P. Newton a pris son fusil de chasse, des panneaux d’arrêt et un marteau. Il s’est rendu à l’intersection, a donné son fusil à Bobby, et Bobby avait son 9mm. Il a dit : “Prend ce fusil. Si quelqu’un nous embrouille, fais lui sauter la cervelle. » Il a placé ces panneaux d’arrêt.
Il n’y a plus eu d’accidents, plus de problèmes.
Maintenant, ils avaient un autre problème. Ce n’est pas si bien que ça, voyez-vous, parce que ce sont deux personnes qui s’occupent d’un problème. Huey Newton et Bobby Seale, aussi méchants qu’ils soient, ne peuvent pas s’occuper du problème. Mais laissez-moi vous expliquer qui sont les vrais héros.
La fois suivante, il y a eu une situation similaire, un autre coin à quatre voies. Huey est allé chercher Bobby, a pris son 9mm, son fusil de chasse, son marteau et d’autres panneaux d’arrêt. Il a placé ces panneaux, a donné le fusil à Bobby et lui a dit : « Si quelqu’un nous embête pendant que tu mets ces panneaux, protège les gens et fais leur sauter la cervelle. » Qu’ont fait les gens ? Ils l’ont observé à nouveau. Ils y ont participé. La fois suivante, ils étaient à une autre intersection à quatre voies. Il y avait des problèmes ; des accidents et des décès. Cette fois, les gens de la communauté sont allés chercher leurs fusils de chasse, leurs marteaux, leurs panneaux d’arrêt.
Maintenant, laissez-moi vous montrer comment on va essayer de faire au sein du Black Panther Party. Nous venons de rentrer du côté sud. Nous sommes allés là-bas. Nous sommes allés là-bas et nous avons pu nous disputer avec les porcs. Un d’eux m’a dit « Eh bien, Président Fred, tu es censé être si méchant, pourquoi ne vas-tu pas tirer sur certains de ces policiers ? Tu dis toujours que tu as des armes et que tu as ceci, pourquoi ne pas aller tirer sur certains d’entre eux ? »
Et j’ai dit : « Tu viens d’enfreindre une règle. En fait, même si tu portes un uniforme, ça ne fait aucune différence pour moi. Parce que je me fiche que tu aies neuf uniformes et 100 badges. Lorsque tu sors du domaine de la légalité pour entrer dans le domaine de l’illégalité, je pense que tu devrais être arrêté ». Et je lui ai dit : « Tu es ce qu’on appelle la loi du piège, tu as essayé de me faire faire quelque chose de mal, tu m’as encouragé, tu as essayé de m’inciter à tirer sur un porc. Et c’est pas cool, mon frère, tu connais la loi, non ? »
J’ai dit ça à ce porc, je lui ai dit « Tu as un flingue, porc ? » Je lui ai dit : « Tu dois mettre tes mains contre le mur. On va faire ce qu’ils appellent une arrestation citoyenne. » Cet imbécile ne sait pas ce que c’est. J’ai dit : « Maintenant, restez aussi calme que possible et ne faites pas trop de gestes brusques, car on ne veut pas avoir à vous frapper. »
Et je lui ai dit, comme il nous l’a toujours dit, je lui ai dit : « Eh bien, je suis ici pour vous protéger. Ne vous inquiétez pas, je suis là pour vous aider. » Alors j’ai envoyé un autre Frère appeler les porcs. Il faut faire ça lors d’une arrestation citoyenne. Il a appelé les porcs. Voilà les porcs avec des carabines et des fusils de chasse, qui sortent de là. Ils sont sortis pour dire comment ils allaient arrêter le Président Fred. Et j’ai dit : « Pas de bêtises. Voici l’homme que vous devez arrêter. C’est lui qui a enfreint la loi. » Et qu’ont-ils fait ? Vous savez ce qu’ils ont fait ? Ils étaient si furieux, si furieux qu’ils m’ont dit de partir.
Et que s’est-il passé ? Tous ces gens étaient dehors sur la 63ème rue. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils étaient là, à rire et à parler avec moi pendant que je procédais à l’arrestation. Ils m’ont regardé pendant que je faisais du rap et m’ont entendu pendant que je faisais du rap. Donc la prochaine fois que le porc viendra sur la 63e rue, à cause de ce que notre ministre de la défense appelle l’observation et la participation, ce porc pourrait être arrêté par n’importe qui !
Alors, qu’avons-nous fait ? Nous étions là pour éduquer les gens. Comment les avons-nous éduqués ? Fondamentalement, de la manière dont les gens apprennent, par l’observation et la participation. Et c’est ce que nous avons essayé de faire. C’est ce que nous devons faire ici, dans cette communauté. Et beaucoup de gens ne comprennent pas, mais il y a trois choses fondamentales que vous devez faire chaque fois que vous avez l’intention de réussir une révolution.
Beaucoup de gens confondent le mot « révolution » et pensent que les révolutions sont un mauvais mot. La révolution n’est rien d’autre que le fait d’avoir une plaie sur le corps et de mettre quelque chose sur cette plaie pour guérir cette infection. Et je vous dis que vous vivez dans une société infectieuse en ce moment. Je vous dis que nous vivons dans une société malade. Et quiconque soutient l’intégration dans cette société malade avant qu’elle ne soit nettoyée est un homme qui commet un crime contre le peuple.
Si vous passez devant une chambre d’hôpital et que vous voyez un panneau indiquant « Contaminé » et que vous essayez ensuite de faire entrer des gens dans cette chambre, soit ces gens sont très bêtes, vous me comprenez, parce que s’ils ne l’étaient pas, ils vous diraient que vous êtes un dirigeant injuste, qui n’a pas à l’esprit les intérêts de vos partisans. Et ce que nous disions, c’est simplement que les dirigeants doivent devenir, nous devons commencer à les rendre responsables de ce qu’ils font. Ils parlent d’un oncle Tom, donc nous allons ouvrir un centre culturel et lui apprendre ce qu’est être noir. Et ce n—– est plus conscient que vous, moi, Malcolm, Martin Luther King et tous les autres réunis. C’est vrai. Ce sont eux qui sont les plus conscients. Ils sont les plus conscients, parce que ce sont eux qui vont ouvrir le centre. Ils vont vous dire d’où viennent les os en Afrique dont vous ne pouvez même pas prononcer les noms. C’est vrai. Ils vous parleront de Chaka, le chef des combattants de la liberté bantous, et de Jomo Kenyatta, ces dingo-dingas. Ils vous raconteront tout ça. Ils sont au courant de tout. Mais le fait est qu’ils font ce qu’ils font parce que c’est bénéfique et que c’est profitable pour eux.
Vous voyez, les gens s’impliquent dans beaucoup de choses qui leur sont profitables, et nous devons les rendre moins profitables. Nous devons rendre cela moins profitable. Je dis que tout programme introduit dans notre communauté devrait être analysé par les gens de cette communauté. Il devrait être analysé pour voir s’il répond aux besoins pertinents de cette communauté. Nous n’avons pas besoin que des n—– viennent dans notre communauté monter une entreprise pour ouvrir des affaires pour les n—–. Il y a trop de n—– dans notre communauté qui ne peuvent pas faire sortir des crackers de l’entreprise qu’ils vont ouvrir.
Nous devons faire face à certains faits. Que les masses sont pauvres, que les masses appartiennent à ce que vous appelez la classe inférieure, et quand je parle des masses, je parle des masses blanches, je parle des masses noires, et des masses marrons, et des masses jaunes aussi. Nous devons admettre que certains disent que le feu est le meilleur moyen de combattre le feu, mais nous disons que l’eau est le meilleur moyen d’éteindre le feu. Nous disons qu’on ne combat pas le racisme par le racisme. Nous allons combattre le racisme par la solidarité. Nous disons qu’on ne combat pas le capitalisme avec le capitalisme noir, mais qu’on combat le capitalisme avec le socialisme.
Nous n’allons pas combattre des porcs réactionnaires qui courent dans la rue en étant nous-même réactionnaires ; nous allons nous organiser et nous consacrer au pouvoir politique révolutionnaire et nous enseigner les besoins spécifiques de la résistance à la structure du pouvoir, nous armer, et nous allons combattre les porcs réactionnaires avec la RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE INTERNATIONALE. C’est ce qu’il faut faire. Le peuple doit avoir le pouvoir : il appartient au peuple.
Nous devons comprendre très clairement qu’il y a un homme dans notre communauté qui s’appelle un capitaliste. Parfois il est noir et parfois il est blanc. Mais cet homme doit être chassé de notre communauté, parce que quiconque vient dans la communauté pour faire du profit sur les gens en les exploitant peut être défini comme un capitaliste. Et nous ne nous soucions pas du nombre de programmes qu’ils ont, de la longueur du dashiki qu’ils portent. Parce que le pouvoir politique ne sort pas de la manche d’un dashiki ; le pouvoir politique sort du canon d’un fusil. Il sort du canon d’un fusil !
Beaucoup d’entre nous qui parlent de politique ne savent même pas ce qu’est la politique. Avez-vous déjà vu quelque chose que vous avez tiré et emmené aussi loin que vous le pouviez, qui s’est tellement étiré qu’il est devenu autre chose ? Si vous allez si loin qu’il devient deux choses ? En fait, certaines choses, si vous l’étirez jusqu’à ce point, deviendrons autre chose. Avez-vous déjà cuisiné quelque chose tellement longtemps que ça se transforme en autre chose ? N’est-ce pas ?
C’est ce dont on parle en matière de politique.
La politique, ce n’est pas rien, mais si vous l’étirez au point qu’elle ne puisse plus aller plus loin, vous savez ce que vous avez sur les bras ? Vous avez une contradiction antagoniste. Et quand vous prenez cette contradiction au plus haut niveau et que vous l’étirez au maximum, vous avez ce que vous appelez la guerre. La politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre est une politique avec effusion de sang. Si vous ne comprenez pas cela, vous pouvez être démocrate, républicain, indépendant, vous pouvez être tout ce que vous voulez, vous n’êtes rien.
Nous ne voulons pas de ces n—– et de ces hunkies et de personne d’autre, de radicaux ou de personne parlant de « Je suis sur le ticket pour l’indépendance ». Cela signifie que vous vendez les républicains ; Indépendants signifie que vous êtes à la merci du plus offrant. Vous comprenez ?
Nous voulons des gens qui veulent se présenter au Parti du Peuple, parce que le peuple va le diriger qu’il le veuille ou non. Le peuple a prouvé qu’il peut le diriger. Ils le dirigent en Chine, ils vont le diriger ici même. Ils peuvent l’appeler comme ils veulent, ils peuvent en parler. Ils peuvent l’appeler communisme, et penser que ça va effrayer quelqu’un, mais ça ne va effrayer personne.
La même chose s’est produite sur la 37e route. Les porcs sont arrivés sur la 37e route, où se trouve notre programme « Breakfast for children », et ont commencé à approcher ces femmes qui étaient un peu plus âgées, autour de 58 ans – vous savez, je dis plus âgées parce que je suis jeune. Je n’ai pas 20 ans, c’est vrai, c’est vrai ! Mais vous voyez, ils vont les approcher et leur faire un lavage de cerveau. Et vous n’avez rien vu jusqu’à ce que vous voyiez une de ces belles soeurs avec les cheveux qui commencent à grisonner, et qui n’ont pas beaucoup de dents, et qui démolissaient les policiers ! Elles les démolissaient ! Les porcs s’approchaient d’elles et leur disaient : “Tu aimes le communisme ? »
Les porcs s’approchaient d’elles et disaient : « Vous avez peur du communisme ? » Et les soeurs disaient : « J’en ai pas peur, j’en ai jamais entendu parler. »
« Tu aimes le socialisme ? »
« J’en ai pas peur. J’en ai jamais entendu parler. »
Les porcs, ils sont devenus fous, parce qu’ils aimaient voir ces gens effrayés par ces mots.
« Tu aimes le capitalisme ? »
Oui, c’est avec ça que je vis. J’aime ça.
« Tu aimes le programme Breakfast For Children, n—– ? »
« Ouais, j’aime bien. »
Et les porcs disent : « Oh-oh. » Les porcs disent : « Eh bien, le programme Breakfast For Children est un programme socialiste. C’est un programme communiste. »
Et les femmes disent, « Eh bien, je vais te dire, mon garçon. Je te connais depuis que tu arrives à la hauteur de genoux d’une sauterelle, n—–. Et je ne sais pas si j’aime le communisme et je ne sais pas si j’aime le socialisme. Mais je sais que le programme Breakfast For Children nourrit mes enfants, n—–. Et si vous mettez la main sur ce programme, je vais sortir de cette boîte et je vais vous botter le cul comme un… »
C’est ce qu’elles disent. C’est ce qu’elles disent, et c’est une belle chose. Et c’est ce qu’est le programme « Breakfast For Children ». Beaucoup de gens pensent que c’est de la charité, mais que fait-il ? Il fait passer les gens d’une étape à une autre. Tout programme qui est révolutionnaire est un programme qui fait avancer les choses. La révolution, c’est le changement. Si tu continues à changer, avant même de t’en rendre compte, en fait sans même savoir ce qu’est le socialisme, tu n’as pas besoin de savoir ce que c’est. Elles l’approuvent, elles y participent et elles soutiennent le socialisme.
Et beaucoup de gens vous diront : « Eh bien, les gens n’ont pas de théorie, ils ont besoin d’une théorie. Ils ont besoin de théorie même s’ils n’ont pas de pratique. Et le Black Panther Party vous dit que si un homme vous dit qu’il est le genre d’homme qui vous fait acheter des barres de chocolat, manger l’emballage et jeter les bonbons, il vous fait marcher vers l’Est alors que vous êtes censé marcher vers l’Ouest. C’est vrai. Si vous écoutez ce que dit le porc, vous vous promenez dehors quand le soleil brille, avec votre parapluie sur la tête. Et quand il pleuvra, vous irez dehors en laissant votre parapluie à l’intérieur. C’est ça. Il faut se ressaisir. Je dis que c’est ce qu’ils vous font faire.
Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Nous disons que le programme « Breakfast For Children » est un programme socialiste. Il enseigne aux gens que, par la pratique, nous avons pensé et nous les laissons mettre en pratique cette théorie et l’examiner. Qu’est-ce qui est le plus important ? Vous apprenez quelque chose comme tout le monde.
Laissez-moi essayer de vous expliquer.
Prenons ce Frère qui va à l’école pendant 8 ans pour devenir mécanicien automobile. Et ce professeur qui était mécanicien, il lui dit : « Eh bien, n—–, tu dois suivre ce qu’on appelle une formation sur le tas. » Et il lui dit : « Merde, avec toute cette théorie que j’ai, je dois suivre une formation sur le tas ? Pour quoi faire ? »
Il disait : “Pendant la formation sur le tas, il travaille avec moi.
Je suis ici depuis 20 ans. Quand j’ai commencé à travailler, il n’y avait même pas de mécanicien automobile. Je n’ai pas de théorie, j’ai juste un tas de pratique.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Une voiture est entrée en faisant un bruit bizarre. Ce Frère là, va chercher son livre. Il est à la page 1, il n’a pas besoin de la page 200. Je suis assis là à écouter la voiture. Il dit : « Qu’est-ce que tu crois que c’est ? »
Je lui dis : « Je pense que c’est le carburateur. »
Il dit : « Non, je ne vois nulle part ici où il est écrit que le carburateur ne fait pas ce bruit-là. » Et il me dit : « Comment sais-tu que c’est le carburateur ? »
J’ai répondu : « Eh bien, n—–, avec tous ces degrés, autant qu’un thermomètre, il y a environ 20 ans, 19 pour être exact, j’écoutais le même genre de bruit. Et ce que j’ai fait, c’est que j’ai démonté le régulateur de tension et ce n’était pas ça. Puis j’ai démonté l’alternateur et ce n’était pas ça. J’ai démonté les balais du générateur et ce n’était pas ça. J’ai démonté le générateur et ce n’était pas ça. J’ai démonté le générateur et ce n’était même pas ça. Après avoir démonté tout ce que j’ai pu trouver dans le carburateur, j’ai découvert que c’était bien ça. Et je me suis dit : « Idiot, la prochaine fois que tu entends ce bruit, tu ferais mieux de démonter le carburateur d’abord ». »
Comment a-t-il appris ? Il a appris par la pratique.
Peu importe la quantité de théorie que vous avez, si elle n’est pas mise en pratique, alors cette théorie n’est pas pertinente. N’est-ce pas ? Toute théorie que vous avez, mettez-la en pratique. Et quand vous la mettez en pratique, vous faites des erreurs. Quand vous faites une erreur, vous corrigez cette théorie, et alors ce sera une théorie corrigée qui pourra être appliquée et utilisée dans n’importe quelle situation. C’est ce que nous devons être capables de faire.
Chaque fois que je parle dans une église, j’essaie toujours de dire quelque chose, vous savez, sur Martin Luther King. J’ai beaucoup de respect pour Martin Luther King. Je pense qu’il était l’un des plus grands orateurs que le pays ait jamais produit. Et j’écoutais tous ceux qui parlaient bien, parce que j’aime écouter cela. Martin Luther King a dit que cela pourrait sembler sombre un jour, et que cela pourrait sembler sombre ici, dans le Nord. Peut-être avez-vous pensé que la salle allait être bondée de monde et peut-être avez-vous pensé que vous deviez refuser certaines personnes. Peut-être que certaines des personnes que vous pensez devoir être ici ne sont pas là et vous pensez que, eh bien, si elles ne sont pas là, alors ce ne sera pas aussi bien que ce que nous pensions qu’il aurait pu être. Et peut-être pensez-vous que vous avez besoin de plus de personnes que vous n’en avez ici. Peut-être pensez-vous que les porcs vont être capables de vous mettre la pression et d’exercer suffisamment de pression pour écraser votre mouvement avant même qu’il ne commence. Mais Martin Luther King a dit qu’il avait entendu quelque part que ce n’est que lorsqu’il fait assez sombre que l’on peut voir les étoiles. Et nous ne sommes pas inquiets qu’il fasse noir. Il a dit que le bras de l’univers moral est long, mais qu’il se penche vers le ciel.
Nous avons Huey P. Newton en prison, et Eldridge Cleaver en clandestinité. Et Alprentice Bunchy Carter a été assassiné ; Bobby Hutton et John Huggins ont été assassinés. Et beaucoup de gens pensent que le Black Panther Party, dans un sens, est en train d’abandonner. Mais disons ceci : Nous avons pris le genre d’engagement envers les gens que presque personne d’autre n’a jamais pris.
Nous avons décidé que, bien que certains d’entre nous viennent de ce que certains d’entre vous appelleraient des familles de petits-bourgeois, certains d’entre nous pourraient être en quelque sorte au sommet de ce que vous appelez la montagne. Nous pourrions être intégrés dans la société en travaillant avec des personnes avec lesquelles nous n’aurons peut-être jamais l’occasion de travailler. Peut-être que nous pourrions être au sommet de la montagne et peut-être que nous n’aurions pas à nous cacher lorsque nous allons parler dans des endroits comme celui-ci. Peut-être que nous n’aurions pas à nous soucier des procès, des prisons et des maladies. Nous disons que même si tous ces luxes existent au sommet de la montagne, nous comprenons que vous et vos problèmes sont ici, dans la vallée.
Nous, du Black Panther Party, grâce à notre dévouement et à notre compréhension, nous sommes allés dans la vallée en sachant que les gens sont dans la vallée, en sachant que notre situation est la même que celle des gens de la vallée, en sachant que nos ennemis sont sur la montagne, que nos amis sont dans la vallée, et même si c’est bien d’être au sommet de la montagne, nous retournons dans la vallée. Parce que nous comprenons qu’il y a du travail à faire dans la vallée, et quand nous aurons fini ce travail dans la vallée, alors nous devrons aller au sommet de la montagne. On va au sommet parce qu’il y a un enfoiré qui joue au roi et qu’il nous raconte des conneries. Et nous devons monter au sommet de la montagne non pas pour vivre son style de vie et vivre comme lui. Il faut qu’on monte au sommet de la montagne pour faire comprendre à cet enfoiré que, bon sang, on vient de la vallée !