IX. La conjuration d’Emmet

La classe laborieuse dans l’histoire irlandaise

James Connolly

IX. La conjuration d’Emmet

« Toujours le Riche trahit le Pauvre ».
Henry Joy McCracken, Lettre à sa sœur (1798)

   La conjuration d’Emmet, séquelle du mouvement des Irlandais Unis de 1798, fut encore plus démocratique, internationale et populaire que lui, tant par ses tendances que par ses ramifications. L’indigne trahison des dirigeants des Irlandais Unis, passés dans le camp gouvernemental, avait fait disparaître de la scène pratiquement tous les partisans du mouvement révolutionnaire appartenant aux classes moyennes. Le petit peuple se retrouvait livré dès lors à ses propres ressources et à ses propres choix. Ce fut donc à ces humbles travailleurs des villes et des campagnes qu’Emmet eut affaire lorsqu’il tenta de regrouper les forces de libération dispersées pour préparer une nouvelle empoignade avec le gouvernement de classe qui exerçait alors son pouvoir despotique en Irlande et en Angleterre.