IX. RELEVÉ DES CHIFFRES DE LA STATISTIQUE DES ZEMSTVOS PRÉCÉDEMMENT ANALYSÉS ET RELATIFS À LA DÉCOMPOSITION DE LA PAYSANNERIE

Le développement du capitalisme en Russie

Lénine

Chapitre II : LA DÉCOMPOSITION DE LA PAYSANNERIE

IX. RELEVÉ DES CHIFFRES DE LA STATISTIQUE DES ZEMSTVOS PRÉCÉDEMMENT ANALYSÉS ET RELATIFS À LA DÉCOMPOSITION DE LA PAYSANNERIE

   Si nous voulons comparer et réunir les données que nous avons citées sur la décomposition de la paysannerie, il va de soi que nous ne pouvons pas prendre les chiffres absolus et les additionner par groupes: pour cela, en effet, il faudrait que nous ayons des chiffres complets pour tout un groupe de régions et que les procédés de classification soient partout identiques. Nous ne pouvons comparer et rapprocher que les rapports existant entre les groupes inférieurs et les groupes supérieurs (pour ce qui concerne la possession de la terre, du bétail, des instruments, etc.).

   Prenons, par exemple, un rapport indiquant que 10% des foyers détiennent 30% de la surface ensemencée. Un tel rapport fait abstraction de la différence existant entre les chiffres absolus. Il peut par conséquent être comparé à tous les autres rapports du même genre, quelles que soient les localités dont il s’agit. Mais pour que la comparaison puisse être établie, il faut que dans une autre localité il existe un groupe qui représente juste 10% des foyers, ni plus ni moins. Or, nous savons que les groupes varient selon les districts et les provinces. Il nous faudra donc les fractionner, de façon à obtenir le même pourcentage de foyers dans toutes les localités.

   Nous conviendrons que la paysannerie aisée représente 20% des foyers et que la paysannerie pauvre en représente 50%: c’est-à-dire que nous formerons avec les groupes supérieurs un groupe qui représentera 20% des foyers et avec les groupes inférieurs un groupe égal à 50%. Illustrons ce procédé par un exemple. Supposons que dans un endroit nous ayons 5 groupes représentant respectivement (en allant du groupe inférieur au supérieur) 30%, 25%, 20%, 15% et 10% des foyers (S = 100%). Pour former le groupe inférieur, nous prendrons le premier groupe et les 4/5 du second (30+((25×4)/5)=50%); pour former le groupe supérieur, nous prendrons le dernier groupe et les 2/3 de l’avant-dernier (10+((15×2)/3)= 20%). Il va de soi que les pourcentages de la terre ensemencée, du bétail, des instruments, etc., seront établis de la même manière. C’est ainsi, par exemple, que si les groupes de foyers que nous venons d’imaginer détiennent respectivement 15%, 20%, 21% et 24% de la surface ensemencée (S = 100 %), notre groupe supérieur de 20% en aura (24 +((21×2)/3)=)38% et notre groupe inférieur de 50% (15+1 =)31%.

   Il est évident qu’en fractionnant les groupes de cette manière, nous ne modifions en rien les rapports réels existant entre les couches supérieures et les couches inférieures de la paysannerie2

  1. 20×4)/5[↩]
  2. Ce procédé comporte une légère erreur, qui fait paraître la décomposition plus faible qu’elle n’est en réalité. En effet, ce ne sont pas les représentants supérieurs mais les représentants moyens du groupe suivant qui viennent s’ajouter au groupe supérieur; de même, ce sont les représentants moyens et non les représentants inférieurs du groupe suivant qui viennent s’ajoutes au groupe inférieur. Il est clair que cette erreur est d’autant plus grande que les groupes sont plus importants et moins nombreux.[↩]