L’essor révolutionnaire

L’essor révolutionnaire

Lénine

17 Juin 1912

   Publié dans le numéro 27 du Social-Démocrate.

   La grève grandiose déclenchée au mois de mai par le prolétariat de Russie et les manifestations de rue qui s’y rattachent, les tracts révolutionnaires et les discours révolutionnaires prononcés devant des foules d’ouvriers ont montré avec éclat que la Russie est entrée dans une phase d’essor de la révolution.

   Cet essor n’a rien d’inattendu. Non, il était préparé depuis longtemps par toutes les conditions de la vie russe ; les grèves de masse provoquées par les fusillades de la Lena1Il s’agit du massacre des ouvriers des mines d’or de la Léna en Sibérie, le 4 avril 1912. Les troupes du tsar tirèrent sur les mineurs qui avaient déclaré la grève pour protester contre l’exploitation éhontée dont ils étaient l’objet. Les ouvriers de Russie répondirent à ce massacre par des grèves politiques et des manifestations de masse. et le 1er mai ont marqué son avènement définitif. Le triomphe momentané de la contre-révolution était indissolublement lié au déclin de la lutte des masses ouvrières. Le nombre des grévistes donne une idée de l’étendue de cette lutte, idée approximative il est vrai, mais absolument objective et précise.

   Au cours des dix années qui ont précédé la révolution, de 1895 à 1904, le nombre de grévistes était en moyenne de 43.000 par an (en chiffres ronds). En 1905, 2.750.000 ; en 1906, 1 million ; en 1907, 750.000. Les trois années de la révolution ont été marquées par un essor du mouvement gréviste du prolétariat, tel que le monde n’en avait encore jamais vu. Son déclin, qui commença en 1906 et 1907, s’est définitivement précisé en 1908 : 175.000 grévistes. Le coup d’Etat du 3 juin 1907, qui rétablit l’autocratie du tsar en alliance avec la Douma des propriétaires fonciers cent-noirs et des gros bonnets du commerce et de l’industrie, fut le résultat certain d’une dépression de l’énergie révolutionnaire des masses.

   Les trois années de 1908 à 1910 furent marquées par le déchaînement de la contre-révolution des Cent-Noirs, par la trahison de la bourgeoisie libérale, par l’abattement et la décadence au sein du prolétariat. Le nombre des grévistes ne cessait de diminuer, tombant à 60.000 en 1909 et à 50.000 en 1910.

   Mais dès la fin de 1910 un tournant très net s’annonce. Les manifestations à l’occasion de la mort du libéral Mouromtsev et de Léon Tolstoï de même que le mouvement d’étudiants montrent clairement que le vent a tourné ; qu’un certain revirement est survenu dans l’esprit des masses démocratiques. En 1911, les masses ouvrières passent graduellement à l’offensive : le nombre des grévistes atteint les 100.000. Partout des signes apparaissent, témoignant que la lassitude, la torpeur causées par le triomphe de la contre-révolution disparaissent, et que de nouveau l’on est sollicité vers la révolution. Résumant la situation, la Conférence nationale du P.O.S.D.R., tenue en janvier 1912, constatait « un commencement d’animation politique dans les larges milieux de la démocratie et, en premier lieu, parmi le prolétariat. Les grèves ouvrières de 1910 à 1911, le début des manifestations et meetings prolétariens, le début d’un mouvement parmi la démocratie bourgeoise des villes (grèves d’étudiants), etc., tout cela montre que l’esprit révolutionnaire des masses contre le régime du 3 juin va croissant ». (Voyez l’« Information » sur la Conférence, p. 18.)

   Vers le deuxième trimestre de l’année en cours, cet état d’esprit s’était accru au point de s’affirmer dans l’action des masses, et il a suscité un essor révolutionnaire. Le cours des événements depuis dix-huit mois montre à l’évidence que cet essor n’a rien d’accidentel, que son avènement est tout à fait logique et qu’il est forcément déterminé par tout le développement antérieur de la Russie.

   Le massacre de la Léna fut un stimulant pour transformer l’esprit révolutionnaire des masses en essor révolutionnaire des masses. Rien de plus faux que l’assertion libérale reprise à la suite des liquidateurs par Trotski dans la Pravda de Vienne, assertion suivant laquelle « la lutte pour la liberté de coalition est à la base du drame de la Léna comme du puissant retentissement qu’il eut dans le pays ». La liberté de coalition n’était ni la revendication spécifique, ni la revendication principale de la grève de la Léna. Ce n’est nullement l’absence de liberté de coalition que la fusillade de la Léna a révélée, mais l’absence de liberté… contre les provocations, la servitude et l’arbitraire généralisés.

   Le massacre de la Léna, comme nous l’avons déjà établi dans le numéro 26 du Social-Démocrate, fut l’image saisissante de tout le régime de la monarchie du 3 juin. Ce qui caractérise les événements de la Léna ce n’est point la lutte pour un des droits du prolétariat, fût-ce le plus cardinal, le plus important. Ce qui les caractérise c’est, sous tous les rapports, l’absence complète de la légalité la plus élémentaire. Le caractéristique, c’est qu’un provocateur, un espion, un agent de la police secrète, un valet du tsar se soit engagé dans la voie des fusillades en masse, sans aucune raison politique. L’arbitraire qui pèse sur toute la vie russe, la désespérance et l’impossibilité de toute lutte pour les différents droits, l‘incorrigibilité de la monarchie du tsar et de tout son régime, voilà précisément ce qu’ont révélé les événements de la Léna avec tant d’éclat, enflammant les masses du feu révolutionnaire.

   Si les libéraux se sont mis et se mettent en quatre pour présenter les événements de la Léna et les grèves de mai comme un mouvement syndical et une lutte en faveur des « droits », il en va tout autrement pour quiconque n’est pas aveuglé par des discussions pareilles à celles des libéraux (et des liquidateurs). Le caractère révolutionnaire de la grève de masse apparaît clairement, caractère particulièrement souligné dans le manifeste du 1er mai, publié à Pétersbourg par divers groupes social-démocrates (et même par un groupe d’ouvriers socialistesrévolutionnaires). Manifeste que nous reproduisons intégralement dans notre chronique et qui reprend les mots d’ordre lancés en janvier 1912 par la Conférence nationale du P.O.S.D.R.

   Au reste, ce n’est point dans les mots d’ordre qu’il faut chercher la confirmation essentielle du caractère révolutionnaire des grèves de la Léna et des grèves de mai. Les mots d’ordre n’ont fait que formuler ce qu’attestaient les faits Les grèves de masse gagnant une région après l’autre, leur développement considérable, la rapidité de propagation, le courage des ouvriers, la fréquence des meetings et des discours révolutionnaires, la revendication de la suppression des amendes pour avoir fêté le 1er mai, la combinaison de la grève politique et de la grève économique, que nous connaissons depuis la première révolution russe : tout cela montre à l’évidence le vrai caractère du mouvement, c’est-à-dire de l’essor révolutionnaire des masses.

   Voyez l’expérience de 1905 Les événements nous montrent que la tradition de la grève révolutionnaire de masse n’est pas morte parmi les ouvriers, et que ceux-ci s’en sont aussitôt emparés pour la faire revivre. La vague de grèves qui déferla sur la Russie en 1905, et dont la puissance n’a pas d’égale au monde, compta 810 000 grévistes au premier trimestre et 1.277.000 au quatrième, la grève économique étant combinée avec la grève politique. D’après des estimations approximatives, près de 300 000 ouvriers ont participé aux grèves de la Léna, 400 000 à celles de mai ; et le nombre des grèves ne fait qu’augmenter. A chaque édition, les journaux — même libéraux— annoncent que l’incendie des grèves gagne de proche en proche Le deuxième trimestre de 1912 n’est pas encore tout à fait passé, et cependant l’on peut constater dès à présent que, à en juger par l’extension du mouvement gréviste, le début de l’essor révolutionnaire de 1912 n’est pas moindre, mais plus grand même que te début de l’essor révolutionnaire de 1905 !

   La révolution russe a, la première, développé sur une vaste échelle cette méthode prolétarienne d’agitation, ce moyen d’éveiller, de grouper et d’entraîner dans la lutte les masses Celte méthode le prolétariat, aujourd’hui, l’applique de nouveau et d’une main plus ferme encore. Aucune force au monde ne serait capable de réaliser ce que l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat réalise par cette méthode. Un immense pays, d’une population de 150 millions d’habitants, disséminée sur un vaste territoire, morcelée, opprimée, asservie, ignorante, protégée contre toute « influence pernicieuse » par les autorités, par une nuée de policiers, d’espions, — ce pays tout entier entre en effervescence. Les couches les plus retardataires des ouvriers et des paysans entrent en contact direct ou indirect avec les grévistes. On voit apparaître subitement des centaines de milliers d’agitateurs révolutionnaires, dont l’influence est infiniment accrue du fait qu’ils sont étroitement liés à la base, aux masses ; qu’ils restent dans leurs rangs, luttent pour les besoins les plus pressants de chaque famille ouvrière ; qu’ils savent lier cette lutte immédiate pour les besoins matériels pressants à une protestation politique et à la lutte contre la monarchie. Car la contre-révolution a fait naître parmi des millions et des dizaines de millions d’hommes une haine implacable contre la monarchie, un commencement de compréhension du rôle qu’elle joue ; et maintenant le mol d’ordre des ouvriers avancés de la capitale — Vive la république démocratique ! — se répand, après chaque grève, par des milliers de canaux, dans les couches retardataires, dans les provinces reculées, dans le « peuple », « au fin fond de la Russie ».

   Très caractéristiques sont les propos que tient sur la grève le libéral Sévérianine, auxquels les Rousskié Viédomosti font bon accueil, et que s’empresse de reproduire la Retch ;

   Les ouvriers ont-ils quelque raison de mêler des revendications économiques ou autres (!) à la grève du 1er mai ? interroge M. Sévérianine, et il répond : j’ose affirmer qu’ils n’en ont aucune. On ne peut et l’on ne doit commencer une grève économique qu’après avoir soigneusement pesé ses chances… Aussi bien il n’y a, le plus souvent, aucune raison de lier de telles grèves précisément au premier mai… Et n’est ce pas plutôt étrange: nous célébrons la journée internationale des travailleurs et à cette occasion nous exigeons une augmentation de l0 % sur le calicot de telles et telles sortes.

   Ainsi raisonne un libéral ! Et cette platitude sans nom, cette bassesse et cette abjection est acceptée avec sympathie par les journaux libéraux « les meilleurs», ceux qui se prétendent démocratiques !

   La cupidité la plus grossière du bourgeois, la plus basse lâcheté du contre-révolutionnaire, voilà ce que cachent les phrases à effet d’un libéral. Il voudrait qu’on ne touche pas aux coffres-forts du patronat. Il voudrait une manifestation bien « ordonnée » et « inoffensive » en faveur de la « liberté de coalition » ! Or, au lieu de tout cela, le prolétariat entraîne les masses dans une grève révolutionnaire, qui lie intimement le politique à l’économique, une grève qui attire les couches les plus arriérées par le succès de la lutte en faveur d’une amélioration immédiate de la vie des ouvriers, et qui, en même temps, soulève le peuple contre la monarchie du tsar.

   Oui, l’expérience de 1905 a créé une grande, une profonde tradition, celle des grèves de masse. Et il ne faut pas oublier à quoi aboutissent ces grèves en Russie. Les grèves de masse persistantes sont indissolublement liées, chez nous, à l’insurrection armée.

   Que l’on n’aille pas mal interpréter ces mots. Il ne s’agit point là d’un appel à l’insurrection. Pareil appel serait chose bien déraisonnable à l’heure présente. Il s’agit d’établir une liaison entre une grève et une insurrection en Russie.

   Comment l’insurrection s’est-elle développée en 1905 ? Premièrement, les grèves de masse, les démonstrations et les meetings multipliaient les collisions de la foule avec la police et la troupe. Deuxièmement, les grèves de masse ont poussé les paysans à des soulèvements partiels, sporadiques, à demi spontanés. Troisièmement, les grèves de masse ont rapidement gagné l’armée et la marine, provoquant des collisions sur le terrain économique («révoltes » des « fayots » et autres), et puis des insurrections. Quatrièmement, la contre-révolution elle-même commençait la guerre civile par des pogroms, des massacres de démocrates, etc.

   Si la révolution de 1905 s’est terminée par une défaite, ce n’est pas parce qu’elle est ailée « trop loin », ou que l’insurrection de décembre était « artificielle », comme se l’imaginent les renégats parmi les libéraux, etc. Au contraire, la raison de sa défaite provient de ce que l’insurrection n’a pas été assez loin ; de ce que la conscience de sa nécessité n’était pas suffisamment répandue ni solidement ancrée chez les classes révolutionnaires ; de ce que l’insurrection n’a pas été unanime, décisive, organisée, simultanée, agressive.

   Voyons maintenant si l’on observe à l’heure actuelle des signes de croissance de l’insurrection. Pour ne pas se laisser emporter trop loin par l’enthousiasme révolutionnaire, prenons les octobristes à témoin. L’Union allemande des octobristes de Pétersbourg appartient en majeure partie aux octobristes « de gauche » et aux octobristes « constitutionnels », que les cadets aiment particulièrement et qui sont très capables (en comparaison des autres octobristes et cadets) d’observer avec plus d’« objectivité » les événements, sans chercher à effrayer les autorités par le spectre de la révolution.

   L’organe de ces octobristes, la St. Petersburger Zeitung, écrivait dans son aperçu sur la politique de la semaine le 6 (19) mai :

   Voici le mois de mai. Indépendamment du temps, ce mois est ordinairement peu agréable pour les habitants de la capitale, car il commence par la « fête » des prolétaires. Cette année, les ouvriers se trouvant encore sous l’impression des manifestations de la Léna, le 1er mai était particulièrement dangereux. Saturé par toutes sortes de rumeurs sur les grèves et les manifestations, l’air de la capitale sentait l’orage. Notre fidèle police était visiblement agitée ; elle opérait des perquisitions, procédait à des arrestations, alertait de forts détachements afin d’empêcher les manifestations de rue ! Le fait que la police n’a rien trouvé de plus intelligent que de perquisitionner les rédactions des journaux ouvriers et d’en arrêter les rédacteurs, ne témoigne guère d’une connaissance trop profonde des fils qui faisaient mouvoir les régiments de marionnettes ouvrières. Or ces fils existent. Témoin la discipline de la grève et beaucoup d’autres circonstances. C’est ce qui rend si redoutable cette grève de mai, la plus grande que l’on ait jamais vue jusqu’ici : y ont participé 100000 ou même 150.000 ouvriers de grands et petits ateliers. Cela n’a été qu’une paisible parade, mais la cohésion de cette armée était remarquable. D’autant plus qu’à côté de l’agitation récente des ouvriers, d’autres symptômes inquiétants ont pu être notés. Sur divers bâtiments de notre flotte, des matelots ont été arrêtés pour propagande révolutionnaire. A en juger par les informations parues dans la presse, la situation est loin d’être bonne sur nos navires de guerre, déjà peu nombreux … Les cheminots, eux aussi, provoquent des inquiétudes. Nulle part, il est vrai, on n’a enregistré même de velléités de grève , cependant des arrestations aussi saillantes que celle, par exemple, du sous-chef d’une gare de la ligne Nicolas, A. A. Ouchakov, montrent que là aussi il y a quelque danger. Les tentatives révolutionnaires de masses ouvrières sans maturité ne peuvent évidemment qu’exercer une mauvaise influence sur l’issue des élections à la Douma Ces velléités sont d’autant plus absurdes que… « le tsar a fait nommer Manoukhine et le Conseil d’Etat a approuvé l’assurance ouvrière » !!

   Ainsi raisonne l’octobriste allemand. Indiquons de notre côté qu’en ce qui concerne les marins, nous avons reçu des informations locales précises, témoignant que le Novoïé Vrémia a exagéré, grossi les choses. L’Okhrana « travaille » manifestement à coups de provocations. Des tentatives prématurées d’insurrection seraient archidéraisonnables. L’avant-garde ouvrière doit comprendre que les conditions essentielles d’une insurrection armée opportune — c’est-à-dire victorieuse en Russie, c’est, pour la classe ouvrière, de s’assurer l’appui de la paysannerie démocratique et la participation active de l’armée.

   Les grèves de masse aux époques révolutionnaires ont leur force logique. Elles jettent des centaines de milliers, des millions d’étincelles dans toutes les directions, cependant que tout autour est disséminée la matière inflammable : irritation la plus extrême, souffrances inouïes de la faim, arbitraire sans nom, outrages impudents et cyniques envers les « pauvres », le « moujik », le simple soldat Ajoutez à cela la frénésie des persécutions et des pogroms déchaînés contre les Juifs par les Cent-Noirs, persécutions que soutient et dirige sous main la clique de la cour du stupide et sanglant Nicolas Romanov … « Il en a été et il en sera toujours ainsi2Le 11 avril 1912, interpellé à la Douma d’Etat sur le massacre de la Léna, le ministre de l’Intérieur, Makarov, répondit par ces mots cyniques : « Il en a été et il en sera toujours ainsi !» », paroles symptomatiques prononcées par le ministre Makarov, et qui se retournent contre lui-même, contre sa classe et contre son tsar des propriétaires fonciers !

   L’essor révolutionnaire des masses impose de grandes responsabilités à tout ouvrier social-démocrate, à tout démocrate honnête. « Soutenir de toutes les manières le mouvement naissant des masses (il faudrait dire aujourd’hui : le mouvement révolutionnaire des masses qui a commencé) et assurer son extension sous les mots d’ordre du Parti, appliqués sans réserve » : c’est ainsi que la Conférence nationale du P.O.S.D.R. a défini ces responsabilités. Les mots d’ordre du Parti — république démocratique, journée de 8 heures, confiscation de toutes les terres appartenant aux grands propriétaires fonciers — doivent devenir les mots d’ordre de l’ensemble de la démocratie, ceux de la révolution du peuple.

   Pour soutenir et étendre le mouvement des masses, il faut de l’organisation et encore de l’organisation. Sans un parti illégal, on ne peut mener ce travail, et il est inutile de s’attarder là-dessus. Tout en soutenant et développant l’offensive des masses, il faut soigneusement tenir compte de l’expérience de 1905 et, affirmant la nécessité et l’inéluctabilité de l’insurrection, prévenir et contenir toute tentative prématurée de ce genre. L’extension des grèves de masse, l’entraînement des autres classes à la lutte, l’état des organisations, le moral des masses, tous ces indices marqueront d’eux-mêmes le moment où toutes les forces devront s’unir dans un assaut unanime, décisif, agressif, intrépide de la révolution contre la monarchie du tsar.

   Sans une révolution victorieuse, pas de liberté en Russie.

   Sans le renversement de la monarchie du tsar par l’insurrection des prolétaires et des paysans, pas de révolution victorieuse en Russie.

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Notes   [ + ]

1. Il s’agit du massacre des ouvriers des mines d’or de la Léna en Sibérie, le 4 avril 1912. Les troupes du tsar tirèrent sur les mineurs qui avaient déclaré la grève pour protester contre l’exploitation éhontée dont ils étaient l’objet. Les ouvriers de Russie répondirent à ce massacre par des grèves politiques et des manifestations de masse.
2. Le 11 avril 1912, interpellé à la Douma d’Etat sur le massacre de la Léna, le ministre de l’Intérieur, Makarov, répondit par ces mots cyniques : « Il en a été et il en sera toujours ainsi !»