Notes introductoires pour l’essor du socialisme les campagnes chinoises1
Mao Zedong
Septembre et décembre 1955
I
L’article ci-dessous est fort bien écrit et mérite, avant tout autre, d’être recommandé aux lecteurs. On trouve encore, un peu partout, beaucoup de ces gens qui, comme il est dit au début du texte, « font un détour pour esquiver la coopérative », car, dans leur ignorance, ils craignent qu’on ne leur pose des questions. Ceux qui procèdent à une « réduction énergique”, c’est-à-dire qui ordonnent la dissolution massive des coopératives, manifestent le même état d’esprit. Seulement, loin de se dérober, passivement, ils se montrent fort actifs, et c’est d’un coup de hache qu’ils “abattent », scion leur propre terme, nombre de coopératives. Hache en main, ils frappent, et les voilà débarrassés de leurs tracas. Ils n’ont cessé de répéter combien il est difficile de gérer une coopérative; scion eux, les difficultés seraient tout simplement inimaginables. Mais le pays offre d’innombrables exemples qui réduisent à néant de telles assertions. L’expérience faite dans le district de Tsoucnhoua, province du Hopei, en est un. En 1952, personne dans la région ne savait comment diriger une coopérative. Pour y parvenir, le bon moyen, c’était d’apprendre. On adopta le mot d’ordre suivant: “Que le secrétaire du Parti prenne la tâche en main et que tous les membres du Parti assurent la bonne gestion des coopératives”. C’est ainsi qu’on passa « de l’ignorance à la connaissance”, « d’une minorité à une majorité compétente », “de la gestion par les cadres de l’arrondissement à la gestion par les masses elles-mêmes ». En trois ans, soit de 1952 à 1954, la coopération semi-socialiste fut réalisée pour l’essentiel dans les onze cantons du Xe arrondissement du district de Tsouenhoua, car les 85 pour cent des 4.343 familles paysannes avaient adhéré aux coopératives. Quant à la production, si l’on compare les chiffres de 1954 à ceux de 1952, on note des augmentations de 76 pour cent pour les céréales, de 56,4 pour cent pour les arbres de haute futaie, de 62,87 pour cent pour les arbres fruitiers et de 463,1 pour cent pour les ovins.
Nous avons donc de bonnes raisons pour demander: Pourquoi ne pourrait-on pas faire ailleurs ce qu’on a pu réaliser là? Si vous affirmez que c’est impossible, quelles sont vos raisons? Personnellement, je n’en vois qu’une: la crainte des tracas, ou, pour parler carrément, l’opportunisme de droite. Ainsi donc. on “fait un détour pour esquiver la coopérative », le secrétaire du Parti ne prend pas la tâche en main et les membres du Parti 11’assurent pas la bonne gestion des coopératives, on demeure dans son ignorance, les gens compétents restent une minorité et la gestion des coopératives continue d’être assurée seulement par les cadres de l’arrondissement. Ou encore, on s’arme de sa hache et on abat les coopératives qui causent trop de tracas. Si une telle raison devait prévaloir, on n’accomplirait plus quoi que ce soit. Nous avons proposé, quant à nous, des mots d’ordre tels que: « Direction active et progression méthodique” ou “Planification d’ensemble et direction renforcée »: nous approuvons en outre le mot d’ordre tout à fait juste avancé par les camarades du district de Tsouenhoua: « Que le secrétaire du Parti prenne la tâche en main et que tous les membres du Parti assurent la bonne gestion des coopératives.” Dans ce district, n’y a-t-il pas justement « direction active et progression méthodique », « planification d’ensemble et direction renforcée »? Mais bien sûr. S’agit-il là d’une tentative dangereuse? d’une « progression aventureuse »? Non. Le danger, c’était de « faire un détour pour esquiver la coopérative », et les camarades du district de Tsouenhoua ont surmonté ce péril. Le danger, c’était aussi d »‘abattre » un grand nombre de coopératives sous prétexte de combattre la « progression aventureuse »; or, le district de Tsouenhoua n’a rien connu de tel. Comment concilier cet état de choses avec l’affirmation selon laquelle « la coopération se développe à une allure si rapide qu’elle a déjà dépassé le niveau de conscience politique des masses et la compétence des cadres en matière de direction »? Là, les masses réclament la coopération, et les cadres ont passé de « l’ignorance à la connaissance ». Nous tous, nous avons des yeux; or, pouvons-nous déceler le moindre danger dans ce district? En trois ans, grâce à la réalisation graduelle de la coopération, on a pu enregistrer des augmentations de 76 pour cent pour la production des céréales, de 56,4 pour cent pour les arbres de haute futaie, de 62,87 pour cent pour les arbres fruitiers et de 463,1 pour cent pour les ovins. Peut-on qualifier cela de danger ou de « progression aventureuse »? Etait-ce « dépasser le niveau de conscience politique des masses et la compétence des cadres en matière de direction »?
Au cours du mouvement de coopération, il a été créé dans ce district la coopérative de Wang Kouo-fan; groupant vingt-trois familles de paysans pauvres, elle ne possédait qu’un âne dont elle n’était qu’aux trois quarts propriétaire. On la surnommait la « Coopérative des Gueux ». Grâce à leurs propres efforts, ses membres ont réussi, en trois ans, à « tirer de la montagne » une telle quantité de moyens de production1 que nombre de visiteurs ont été émus jusqu’aux larmes. J’estime que cette coopérative est l’image même de toute la nation. Pourquoi 600 millions de « gueux » unissant leurs efforts ne pourraient- ils pas, eux aussi, en quelques décennies, transformer leur pays en un Etat socialiste prospère et puissant? Ce sont les ouvriers, les paysans et les intellectuels-travailleurs qui créent les richesses de la société, S’ils prennent en main leur propre destinée, s’ils suivent une ligne marxiste- léniniste et s’appliquent à résoudre activement les problèmes au lieu de les éluder, ils pourront venir à bout de n’importe quelle difficulté dans le monde,
Pour terminer, nous tenons à remercier l’auteur anonyme de cet article, C’est avec un enthousiasme débordant ID dans un style vivant qu’il a donné un compte rendu détaillé du mouvement coopératif dans un arrondissement, Son article est une contribution appréciable à la cause de la coopération dans tout le pays. Nous souhaitons que chaque province, chaque préfecture et chaque district puisse nous offrir un ou plusieurs articles semblables.
Note sur l’article: « Que le secrétaire du Parti prenne la tâche en main et que tous les membres du Parti assurent h bonne gestion des coopératives »
II
On peut dire qu’en Chine, 1955 est l’année où auront été dissipés les préjugés de bien des gens. En effet, durant les premiers mois, ils s’obstinaient encore dans certaines de leurs convictions; mais, dans la- seconde moitié de l’année, ils ne pouvaient plus les soutenir et se voyaient obligés d’admettre les conceptions nouvelles. Ainsi, à ce qu’ils prétendaient, « la coopération en trois ans », proposée par les masses, n’était qu’une illusion; la coopération pourrait se réaliser assez rapidement dans le Nord, mais pas dans le Sud; elle se révélerait impossible dans les cantons arriérés ou dans les régions montagneuses, chez les minorités nationales ID là où cohabitent plusieurs nationalités, ou encore dans les régions frappées par les calamités naturelles; s’il était facile de créer une coopérative, en revanche, il serait bien difficile de la consolider; les paysans étaient trop pauvres pour réunir les fonds nécessaires; ils étaient si peu instruits qu’on ne trouverait pas parmi eux des gens capables de faire office de comptable: plus on créerait de coopératives, plus on aurait d’ennuis; la coopération se développait à une allure si rapide qu’elle avait déjà dépassé le niveau de conscience politique des masses et celui de l’expérience des cadres; le Parti communiste, par sa politique d’achat et de vente unifiés des grains, ainsi que par sa politique de coopération agricole, avait refroidi l’ardeur des paysans à la production; s’il ne s’arrêtait pas immédiatement sur la voie de la coopération, l’alliance des ouvriers et des paysans risquerait d’être compromise; de l’établissement des coopératives il résulterait un fort excédent de main-d’œuvre impossible à résorber. On pourrait encore citer bien d’autres opinions semblables, qui ne sont, en fait, que des idées préconçues. Celles-ci furent toutes renversées par la critique entreprise en octobre 1955 au cours de la sixième session plénière (élargie) du Comité central issu du VIIe Congrès du Parti communiste chinois. Aujourd’hui, l’essor de la transformation socialiste s’étend à toutes nos régions rurales, à la grande joie des masses populaires. Pour les communistes, il s’en dégage une profonde leçon: Pourquoi, quelques mois auparavant, de nombreux organismes dirigeants n’ont-ils même pas discerné, ou ont-ils si mal discerné chez les masses cet immense pouvoir d’enthousiasme pour le socialisme? Pourquoi y avait-il une telle différence entre la façon de voir de certains dirigeants et celle des larges masses? A la lumière de ces faits, comment traiter à l’avenir les affaires et problèmes du même genre? Il n’y a qu’une réponse: Ne nous coupons pas des masses, mais sachons déceler leur enthousiasme en allant au fond des choses.
Note sur l’article: « Les régions rurales dites arriérées ne le sont pas nécessairement dans tous les domaines »
ni
Ceux qui ne croient pas qu’il est possible de réaliser en trois ans la coopération de forme élémentaire dans une région comme dans une autre (« La coopération en trois ans » est un mot d’ordre lancé par les masses, mais qui est critiqué par les opportunistes) ou d’arriver à la coopération dans les régions tardivement libérées en même temps que dans les régions libérées plus tôt feraient bien de jeter un coup d’œil sur ce canton du district de Kouenchan, dans la province du Kiangsou! La coopération y a été achevée non en trois ans mais en deux. Pourtant, ce n’est pas une vieille région libérée, mais bel et bien une région tardivement libérée. Nombreuses sont les régions anciennement libérées qu’elle a devancées. Que peut-on y faire? La ramener en arrière? Bien sûr que non. Les opportunistes n’ont d’autre choix que d’admettre leur défaite. Les masses ont un immense pouvoir d’enthousiasme pour le socialisme. Ceux qui, même en période révolutionnaire, ne savent que suivre la vieille routine sont absolument incapables de discerner cet enthousiasme. Ce sont des aveugles; tout leur paraît sombre. Ils vont même jusqu’à faire passer le vrai pour le faux, le blanc pour le noir. Combien de ces gens-là n’en avons-nous pas vus? De tels individus, qui ne savent que suivre les chemins battus, sous- estiment toujours l’enthousiasme du peuple. Quand un phénomène nouveau apparaît, ils le désapprouvent, d’emblée ils s’y opposent. Puis, ils reconnaissent leur tort et font quelque autocritique. Mais, en présence d’un autre phénomène nouveau, ils se comportent encore et toujours de la même manière. C’est de cette façon qu’ils réagissent devant tout phénomène nouveau. Ces gens-là sont toujours passifs; dans les moments décisifs, ils n’avancent jamais et ont toujours besoin d’une bourrade dans le dos pour progresser d’un pas. Quand pourront-ils enfin marcher d’eux-mêmes et avancer comme il faut? Il existe pourtant une cure pour cette sorte de maladie, c’est d’aller passer quelque temps parmi les masses, pour savoir ce qu’elles pensent, ce qu’elles font, et dégager ainsi les expériences d’avant-garde afin d’en généraliser l’application. Voilà l’ordonnance souveraine pour guérir cette maladie chronique qu’est la déviation de droite, et ceux qui en sont atteints ne feraient pas mal de la suivre.
Note sur l’article: « Ce canton a réalisé la coopération agricole en deux ans »
IV
Un bon article, qui nous fait voir que les paysans ouïgours désirent ardemment s’engager dans la voie de la coopération. Les cadres dont ils ont besoin pour réaliser la coopération semi-socialiste sont déjà formés. Il y a des gens qui prétendent que la coopération agricole n’est pas réalisable chez les minorités nationales. Mais il n’en est rien. Comme nous l’avons vu, les Mongols, les Houeis, les Ouïgours, les Miaos, les Tchouangs ainsi que d’autres minorités ont déjà créé bon nombre de coopératives, dont certaines groupent plusieurs nationalités, et les résultats sont excellents; ainsi se trouve réfutée l’opinion erronée de ceux qui n’ont que dédain pour les minorités nationales.
Note sur l’article: « Les cadres à l’échelon du canton et du village sont à même de jouer un rôle dirigeant dans la création des coopératives »
V
Voilà un excellent article qui convaincra bien des gens. Ici, l’organisation du Parti n’a jamais hésité sur la question de la coopération agricole. Elle a fermement soutenu les paysans nécessiteux dans leur volonté de fonder une coopérative, aussi ces derniers sont-ils sortis vainqueurs de leur compétition avec les paysans moyens aisés ; leur petite coopérative en est devenue une grande. la production a augmenté d’année en année, et la coopération a été réalisée dans tout le village en moins de trois ans. Les paysans moyens aisés avaient dit: « Ces va-nu- pieds veulent fonder une coopérative! A-t-on jamais vu une plume monter jusqu’au ciel !” Or. la plume est bel et bien montée au ciel. Nous sommes ici en présence d’une lutte entre les deux voies: le socialisme et le capitalisme. En Chine, l’économie des paysans riches est très faible. (Les terres qu’ils soumettaient à une exploitation de type semi- féodal ont été réquisitionnées au moment de la réforme agraire; la plupart des anciens paysans riches n’embauchent plus de main-d’œuvre; ils ont en outre mauvaise réputation.) En revanche, les paysans moyens aisés ou relativement aisés constituent une force assez importante; ils représentent 20 à 30 pour cent de la population rurale. Dans les campagnes chinoises, un des aspects importants de la lutte entre les deux voies, c’est la compétition pacifique entre les paysans pauvres et moyens-pauvres d’une part et les paysans moyens aisés d’autre part. Qui pourra, en deux ou trois ans, accroître la production: les paysans moyens aisés travaillant à titre individuel ou les paysans pauvres et moyens-pauvres, groupés en coopératives? Au début, des coopératives organisées par un petit nombre seulement de ces derniers sont entrées en compétition avec les paysans moyens aisés travaillant à titre individuel, alors que la majorité se contentaient d’être spectateurs; chacune des deux parties cherchait donc à gagner les masses. Derrière les paysans moyens aisés se tenaient les propriétaires fonciers et les paysans riches, qui les appuyaient tantôt ouvertement, tantôt en sous-main. Mais aux côtés des coopératives se trouvait le Parti communiste; ses organisations auraient dû soutenir fermement celles-ci, comme l’avaient fait les communistes du village de Nantsoueitchouang, dans le district d’Anyang. Malheureusement, toutes les cellules rurales du Parti n’ont pas agi avec autant de fermeté. ce qui a créé de la confusion. Tout d’abord, on s’était demandé si une plume pouvait réellement monter jusqu’au ciel. Certes, le problème soulevé était sérieux. Qui, en effet, avait jamais vu chose pareille au cours des millénaires? L’impossibilité semblait une évidence, qui, sans la critique faite par le Parti, aurait désorienté bon nombre de paysans pauvres et moyens-pauvres. De plus, sans l’aide du Parti et de l’Etat en ce qui concerne les cadres aussi bien que les ressources matérielles, par exemple les prêts, les coopératives auraient connu de grandes difficultés. Si les paysans moyens aisés osèrent propager des proverbes éculés comme: « Une plume ne peut monter jusqu’au ciel », c’est parce que les coopératives n’avaient pas encore augmenté leur production, que les coopératives pauvres n’étaient pas encore devenues prospères, que les coopératives, isolées et peu nombreuses au départ, ne s’étaient pas encore multipliées par dizaines et centaines de milliers. C’est parce que le Parti n’avait pas encore lancé une campagne vigoureuse à l’échelle nationale pour faire connaître les avantages de la coopération, ni démontré que ce vieil adage « Une plume ne peut monter jusqu’au ciel » n’était plus valable à l’époque du socialisme. Les pauvres s’emploient à transformer leur vie. Le vieux système se meurt, un nouveau est en train de naître, Les plumes montent effectivement jusqu’au ciel. En Union soviétique, c’est chose faite, En Chine, elles prennent leur envol vers le ciel. Et il en sera de même partout dans le monde. Si de nombreuses organisations locales de notre Parti n’ont pas apporté aux paysans nécessiteux le ferme soutien qui s’imposait, elles ne sont pas les seules à blâmer, puisque les organismes centraux n’avaient pas encore, pour leur part, porté un coup mortel aux idées opportunistes, ni élaboré un plan d’ensemble pour la coopération, ni renforcé la direction du mouvement dans tout le pays. Cette année, nous avons travaillé dans ce sens et, en quelques mois, la situation a complètement changé. Les masses qui se tenaient à l’écart, en spectateurs, rejoignent les coopératives par groupes entiers. Quant aux paysans moyens aisés, ils ont changé de ton. Certains demandent à adhérer aux coopératives, d’autres se préparent à le faire. Même les plus obstinés n’osent plus contester qu’une plume puisse monter jusqu’au ciel. Les propriétaires fonciers et les paysans riches sont complètement démoralisés. Cet état de choses n’est d’ailleurs pas sans rapport avec les peines que le gouvernement populaire a infligées à un certain nombre de contre-révolutionnaires qui troublaient l’ordre public et sapaient le mouvement coopératif. En tout cas, au cours du dernier semestre de cette année, il s’est produit un changement fondamental dans le rapport des forces entre les différentes classes de notre pays. Le socialisme est en pleine ascension, tandis que s’accélère le déclin du capitalisme. Encore une année d’efforts, et nous aurons, pour l’essentiel, jeté les bases de la transformation socialiste pour la période de transition.
Note sur l’article: « Qui donc prétend qu’une plume ne peut monter jusqu’au ciel? »
VI
Les opportunistes de droite au sein du Parti, qui se rencontrent un peu partout et qui empêchent la masse des paysans pauvres et moyens- pauvres de s’engager dans la voie de la coopération, font écho aux forces du capitalisme dans la société. Cet article donne une description adéquate de la situation. L’auteur condamne avec une vive indignation les opportunistes et prend le parti des paysans nécessiteux. Certains, bien qu’ils portent le nom de communiste, ne manifestent guère d’intérêt pour l’œuvre du socialisme à laquelle nous travaillons. Au lieu de soutenir les masses enthousiastes, ils leur administrent des douches froides. L’année 1955 constitue pour la Chine celle d’une lutte décisive entre le socialisme et le capitalisme. Celle-ci s’est reflétée avant tout dans les trois conférences que le Comité central du Parti communiste chinois convoqua en mai, en juillet et en octobre. Les six premiers mois de l’année, l’air était vicié, le ciel chargé de sombres nuages ; mais au cours du second semestre, la situation changea complètement et l’atmosphère devint toute différente. Des dizaines de millions de familles paysannes passèrent à l’action; répondant à l’appel du Comité central, elles prirent la voie de la coopération. Au moment où sont rédigées ces lignes, plus de 60 millions de familles paysannes, dans les diverses régions du pays, ont déjà adhéré aux coopératives. On dirait un raz de marée emportant démons et fantômes. Dans la société, le vrai visage de toutes sortes de gens est maintenant révélé au grand jour. Il en est de même au sein du Parti. Quand l’année sera écoulée, nous serons dans une large mesure assurés de la victoire du socialisme. Néanmoins, de nombreux combats nous attendent encore, et qui exigeront de nouveaux efforts.
Note sur l’article: « Le vent néfaste de l’opportunisme tombe, le vent salutaire du socialisme se lève »
VII
Voici un autre article très intéressant. Presque partout des opportunistes cherchent à arrêter les flots, mais le flux est irrésistible; partout, le socialisme progresse victorieusement, laissant derrière lui tous les obstacles dressés sur son chemin. C’est ainsi que la société va chaque jour de l’avant et que l’esprit des gens se transforme; et cela est particulièrement vrai lorsque la révolution connaît son plein essor.
Note sur l’article: »Au cours du mouvement coopératif, les familles d’ouvriers font preuve d’un grand enthousiasme’ ‘
VIII
L’article relate une histoire émouvante, que nous recommandons à l’attention des lecteurs. Nous demandons tout particulièrement aux camarades qui ne croient pas à l’enthousiasme des masses paysannes pour le socialisme, et à ceux qui, pour un oui ou pour un non, sont prêts à « abattre » les coopératives d’un coup de hache, de lire cet article avec soin. Aujourd’hui, dans les campagnes chinoises, les facteurs du socialisme ne cessent de croître de jour en jour, et même d’heure en heure; les larges masses des paysans veulent s’organiser en coopératives, et des dirigeants intelligents, capables, impartiaux et actifs surgissent en grand nombre de leurs rangs. Cette situation est vraiment réjouissante. Toutefois, la plus grave lacune, c’est qu’en de nombreux endroits la direction du Parti n’a pas cherché à être à la hauteur des circonstances. Notre tâche actuelle est donc d’amener les comités locaux du Parti à tous les échelons à faire preuve d’initiative en adoptant il ce sujet une position marxiste-léniniste, à assumer la pleine responsabilité du mouvement de coopération agricole et à mettre tout en œuvre pour le diriger avec énergie, ardeur et enthousiasme. N’imitons pas “Maître Yé » de la fable, qui avait la passion des dragons. Il ne faut pas parler du socialisme des années durant, pour en avoir peur maintenant qu’il frappe à la porte.
Note sur l’article: « Une coopérative créée par les masses elles-mêmes, contre l’avis des dirigeants »
IX
La ligne suivie par ce canton est juste. Il compte déjà cinq coopératives agricoles de production, sept associations d’équipes d’entraide, trois équipes d’entraide permanentes et quatorze équipes d’entraide saisonnières, qui groupent, à elles toutes, 98,4 pour cent des familles paysannes à organiser. Jusqu’en décembre 1954, la cellule du Parti de ce canton n’avait pas encore axé son travail de direction sur le mouvement d’entraide et de coopération, et les membres du Parti redoutaient les difficultés qu’ils pouvaient rencontrer en dirigeant les équipes d’entraide. Au lieu de s’inspirer du principe: « Que le secrétaire du Parti prenne la tâche en main et que tous les membres du Parti assurent la bonne gestion des coopératives”, la cellule du Parti s’en était remise au groupe de travail (envoyé sans doute par l’instance supérieure). Actuellement, dans tout le pays, il y a pas mal de cellules rurales du Parti qui font preuve de mollesse et d’incurie dans la question de la coopération agricole. Et il ne s’agit pas seulement de cellules du Parti, mais aussi, semble-t-il, d’un certain nombre de comités du Parti aux échelons supérieurs; c’est précisément là le nœud du problème. La transformation socialiste de notre agriculture peut- elle aller de pair avec l’industrialisation du pays, le mouvement coopératif peut-il se développer de manière saine, avec le moins d’erreurs possible, et assurer une production accrue, voilà qui dépend de la capacité des comités locaux du Parti, à tous les échelons, d’axer rapidement. comme il se doit, leur travail de direction sur la coopération. L’envoi de groupes de travail est certes nécessaire, mais leur mission — il faut le dire clairement — est d’aider les organisations locales du Parti et non de se substituer à elles, les dispensant ainsi de tout effort et de toute réflexion, et les laissant s’en remettre entièrement à eux. C’est en décembre 1954 que la cellule du Parti de ce canton de la province du Koueitcheou a changé d’attitude dans son travail; à partir de ce moment, donc en un peu plus de cinq mois, de très bons résultats ont été obtenus. Elle ne se repose plus sur le groupe de travail, elle s’est elle-même attelée à la besogne, et les membres du Parti ne redoutent plus les difficultés. Un tel changement dépend avant tout de la position prise par les secrétaires des comités du Parti aux divers échelons — qu’il s’agisse des provinces et des régions autonomes, des préfectures et des départements autonomes, des districts et des districts autonomes, ou des arrondissements — et il dépend aussi
des secrétaires des cellules du Parti. Ils doivent assumer pleinement la tâche de la coopération agricole. Celle-ci ne pourra être accomplie, et même il s’ensuivra bien des conséquences fâcheuses, s’ils craignent les tracas et les difficultés, si, au lieu de se consacrer personnellement à cette grande œuvre, ils la confient uniquement à des sections de travail rural relevant des comités du Parti ou à des groupes de travail.
Note sur l’article: « Comment le canton de Tchong- sin, du district de Fengkang, lança un mouvement d’entraide et de coopération sous la direction de la cellule du Parti »
x
L’auteur de cet article montre comment, depuis la réunion des directeurs de coopératives de son district, une coopérative pratique le système des contrats saisonniers sur la base des contrats provisoires. De toute évidence, la direction à l’échelon du district est d’une grande importance. Nous espérons que les organes dirigeants des deux mille et quelques centaines de districts du pays suivront de près le déroulement du mouvement coopératif dans leur district, qu’ils sauront déceler les problèmes et en trouver la solution, et qu’ils tiendront en temps opportun des réunions des directeurs de toutes les coopératives ou des coopératives types du district en vue d’y prendre des décisions et de les mettre immédiatement en application. N’attendez pas, pour les résoudre, que les problèmes s’accumulent et donnent lieu à de multiples complications. Les dirigeants doivent prendre la tête du mouvement et non pas rester à la traîne. Dans un district, c’est le comité du Parti pour le district qui doit jouer le rôle dirigeant primordial.
Note sur l’article: « Les Contrats saisonniers »
XI
Ces données sont très convaincantes. Le développement sain du mouvement coopératif dans une localité dépend de la politique du Parti, aussi bien que de sa méthode de travail. Tant que le Parti applique une politique juste dans les divers domaines de la coopération, tant qu’il se garde de recourir à des méthodes autoritaires ou simplistes au moment de mobiliser les masses paysannes pour qu’elles se groupent en coopératives, tant qu’il adopte au contraire la méthode de persuasion jointe à l’analyse de la situation et qu’il se fonde entièrement sur le libre consentement des masses, on pourra sans grandes difficultés réaliser la coopération et accroître la production. Le village de Tong- tchouankeou, du district de Hsingtai, dans la province du Hopei, appartient à une région anciennement libérée. Dès avant 1952, ses soixante-dix familles paysannes s’étaient constituées en équipes d’entraide; il possédait une forte cellule du Parti et, de plus, un dirigeant tel que Wang Tche-ki, en qui les masses avaient entière confiance; toutes les conditions étaient donc réunies. C’est pourquoi, en 1952, il a suffi d’un peu plus d’un mois pour que ce village s’organisât en coopérative et achevât la coopération de type semi-socialiste. Mais comment faire dans les endroits qui ne bénéficient pas d’aussi bonnes conditions? Il s’agit de les créer. Quelques mois, un an, ou une période un peu plus longue doivent suffire. Nous pouvons créer ces conditions tout en nous mettant à l’œuvre. Etablir quelques petites coopératives, c’est préparer la coopération pour tout un village, tout un canton, tout un arrondissement. D’autre part, à propos du village de Tongtchouankeou, on s’est attaché à montrer comment une cellule du Parti a entrepris son travail de propagande et d’éducation parmi les masses, comment elle s’est fondée sur leur libre consentement dans la création des coopératives. La méthode qui nous est ainsi rapportée, celle de « faire de la propagande à l’envers”2, mérite particulièrement notre attention. Le texte relate en outre comment on est parvenu à débrouiller l’écheveau des difficultés quand il s’est agi d’organiser et de diriger la production, comment on a pu obtenir, finalement, de magnifiques résultats en augmentant d’année en année la production. Les faits exposés témoignent de la vigueur de cette coopérative. En effet, le critère essentiel pour juger de la santé d’une coopérative, c’est l’augmentation de sa production et l’importance de cet accroissement.
Note sur l’article: « Un village entier a réalisé la coopération en un peu plus d’un mois »
XI
L’article met en lumière le fait que toute coopérative peut être remise en ordre, si chaotique que soit sa situation. En effet, les membres d’une coopérative, parce qu’ils font tous partie de la paysannerie laborieuse, finiront toujours par s’entendre, en dépit des divergences d’opinions qui peuvent surgir entre les différentes couches de cette classe sociale. Si. à tel ou tel moment, certaines coopératives ont sombré dans une réelle confusion, c’est uniquement parce que les organisations du Parti n’avaient pas su en assumer la direction, parce qu’elles n’avaient pas expliqué clairement aux masses la politique et les méthodes suivies. « Nous savons que c’est une bonne chose que de créer des coopératives. Mais, depuis que nous avons créé la nôtre, ni le comité du district, ni celui de l’arrondissement, ni la cellule du Parti ne s’occupent plus de nous. Ils trouvent sans doute que notre village est trop pauvre, qu’on y mange mal et qu’on y est mal logé; alors ils ne mettent plus les pieds chez nous. » Telle est précisément la cause, et la seule, du désarroi. En effet, sans la direction du Parti, il ne peut y avoir que de la confusion. Mais celle-ci disparaît dès que s’exerce cette direction. L’article pose encore la question de savoir si des coopératives peuvent être créées dans les villages arriérés. La réponse est affirmative. La coopérative que l’auteur décrit se trouve précisément dans un de ces villages. Environ 5 pour cent des villages de Chine sont arriérés; nous devons les organiser tous en coopératives et, en luttant pour la réalisation de cette tâche, les tirer de leur état attardé.
Note sur l’article: « Comment fut consolidée une coopérative qui sombrait dans la confusion »
XIII
Il s’agit d’une question importante et de portée générale. Les comités du Parti à tous les échelons et les camarades envoyés à la campagne pour guider le travail coopératif doivent y prêter la plus grande attention. Les organes dirigeants des coopératives doivent assurer la prépondérance, dans leur sein, des paysans pauvres actuels et des nouveaux paysans moyens-pauvres; ils auront comme force d’appoint les anciens paysans moyens-pauvres et les paysans moyens aisés, anciens et nouveaux. C’est ainsi seulement qu’on pourra, conformément à la politique du Parti, réaliser l’unité des paysans pauvres et des paysans moyens, consolider les coopératives, développer la production et accomplir comme il faut la transformation socialiste dans l’ensemble des régions rurales. Sinon, l’unité des paysans moyens et des paysans pauvres, la consolidation des coopératives, le développement de la production et la transformation socialiste dans l’ensemble des régions rurales seront impossibles. C’est ce que beaucoup de camarades ne comprennent pas. Ils estiment qu’il était indispensable d’assurer la prépondérance des paysans pauvres à l’époque de la réforme agraire, parce que ccux-ci, qui constituaient alors 50, 60 ou 70 pour cent de la population rurale, n’étaient pas encore devenus des paysans moyens, tandis que les paysans moyens hésitaient devant la réforme agraire; la prépondérance des paysans pauvres était donc vraiment indispensable. Mais, disent-ils, maintenant que nous sommes dans la période de la transformation socialiste de l’agriculture, la majorité des anciens paysans pauvres sont devenus de nouveaux paysans moyens; d’autre part, les anciens paysans moyens possèdent en plus grand nombre les moyens de production qui, sans leur participation, manqueraient à la coopérative. Aussi, selon ces camarades, il ne faudrait plus aujourd’hui lancer le mot dlordre invitant à s’appuyer sur les paysans pauvres ou à établir leur prépondérance, car un tel mot d’ordre nuirait au mouvement coopératif. A notre avis, cette opinion est erronée. Si la classe ouvrière et le Parti communiste veulent transformer à fond, dans l’esprit du socialisme et selon le régime socialiste, la propriété privée du petit paysan sur les moyens de production dans toutes nos régions rurales, ils doivent, pour y arriver sans trop de difficultés, s’appuyer sur la grande masse des paysans pauvres qui constituaient jadis le semi- prolétariat; sinon, ils se heurteraient à de sérieux obstacles. Car les semi-prolétaires ruraux sont moins obstinément attachés à la propriété privée du petit paysan sur les moyens de production et acceptent plus facilement la transformation socialiste. La plupart d’entre eux sont devenus de nouveaux paysans moyens, mais, comparés aux anciens paysans moyens, ils ont en grande partie, à l’exception de ceux qui sont devenus des paysans moyens aisés, une conscience politique plus élevée et n’ont pas de peine il se rappeler la misère dans laquelle ils vivaient autrefois. Par ailleurs, la condition économique et l’attitude politique des anciens paysans moyens-pauvres sont assez voisines de celles des nouveaux paysans moyens-pauvres, mais diffèrent de celles des paysans moyens, nouveaux et anciens, de la couche supérieure, c’est-à-dire des paysans moyens aisés ou relativement aisés. Par conséquent, au cours du mouvement de coopération, nous devons concentrer notre attention 1) sur les paysans pauvres qui sont encore dans le besoin, 2) sur les nouveaux paysans moyens-pauvres et 3) sur les anciens paysans moyens-pauvres, car ces trois catégories de gens sont susceptibles d’accepter plus facilement la transformation socialiste. Nous devons les guider, afin qu’ils adhèrent les premiers, groupe par groupe et étape par étape, aux coopératives ; et nous devons choisir ceux d’entre eux qui ont une conscience politique plus élevée et une plus grande capacité d’organisation, afin de les préparer à devenir cadres dirigeants de coopératives. Il faut tout particulièrement veiller à ce que ce choix s’opère parmi les paysans pauvres et parmi les nouveaux paysans moyens-pauvres. Il ne s’agit pas de procéder à une nouvelle détermination de l’appartenance de classe dans les régions rurales, il s’agit de la politique que devront pratiquer soigneusement au cours du mouvement coopératif les cellules du Parti et les camarades envoyés à la campagne pour guider le travail; et cette politique devra être publiquement portée à la connaissance des masses paysannes. Nous ne voulons pas dire pour autant que les paysans moyens aisés ne peuvent adhérer aux coopératives; nous entendons qu’on ne doit les y admettre que lorsqu’ils auront élevé leur niveau de conscience socialiste et exprimé le désir d’y adhérer et qu’ils seront disposés à se soumettre à la direction des paysans pauvres (c’est-à-dire des paysans pauvres actuels et de tous les nouveaux paysans moyens-pauvres qui étaient à l’origine des paysans pauvres); il ne faut pas les obliger à entrer malgré eux dans les coopératives parce que l’on a des vues sur leurs bœufs et leurs instruments agricoles. Ceux qui ont donné leur adhésion resteront membres s’ils le désirent. Ceux qui ont demandé à se retirer, mais qui, après s’être laissé persuader, reviennent sur leur décision, doivent pouvoir rester eux aussi. L’insuffisance des moyens de production ne saurait empêcher la création de coopératives, comme le prouvent le grand nombre de celles qu’ont organisées les paysans pauvres et les paysans moyens-pauvres. Nous ne voulons pas dire non plus que des paysans moyens aisés ne peuvent en aucun cas devenir cadres d’une coopérative. Quelques-uns le pourront s’ils font preuve d’une conscience socialiste élevée, s’ils sont justes et compétents, s’ils ont l’estime de la plupart des membres de la coopérative. Toutefois, les coopératives doivent assurer la prépondérance des paysans pauvres (c’est-à-dire. nous le répétons, des paysans pauvres actuels et de tous les nouveaux paysans moyens-pauvres qui étaient à l’origine des paysans pauvres; ils constituent ensemble la majorité, voire la grande majorité, de la population rurale). Les organes dirigeants des coopératives doivent être composés pour les deux tiers environ de paysans pauvres et pour un tiers environ, mais pas plus, de paysans moyens (c’est-à-dire d’anciens paysans moyens-pauvres et de paysans moyens aisés, anciens et nouveaux). Comme principe directeur, les coopératives doivent adopter la politique qui procure des avantages à la fois aux paysans pauvres et aux paysans moyens, en se gardant de porter préjudice aux intérêts des uns comme des autres. Pour atteindre ce but, il est également nécessaire d’établir la prépondérance des paysans pauvres. En effet, dans les coopératives où prédominent les paysans moyens, les paysans pauvres se trouvent habituellement lésés dans leurs intérêts ou tenus à l’écart. L’expérience acquise dans le canton de Kaochan, district de Tchangcha, province du Hounan, nous fait comprendre pleinement la nécessité et la possibilité d’assurer la prépondérance des paysans pauvres et, sur cette base, d’établir leur solide union avec les paysans moyens; elle nous fait comprendre aussi le danger qu’il y a à ne pas agir de la sorte. L’auteur de l’article a saisi parfaitement la ligne du Parti. D’autre part, la méthode adoptée dans ce canton est juste: d’abord, accomplir la tâche urgente d’augmenter la production, puis assurer la prépondérance des paysans pauvres dans la direction. Le résultat, c’est que les paysans pauvres relèvent la tête et que les paysans moyens acceptent volontiers leur direction. L’auteur élucide en outre une question importante: Vaut-il mieux dissoudre une coopérative où règne le désordre ou procéder à un travail de révision pour la tirer du désordre et l’orienter dans la voie d’un développement sain? Dans une telle coopérative, est-il possible de procéder à un travail de révision et de consolidation? L’auteur nous montre d’une manière fort convaincante qu’il ne faut pas dissoudre les coopératives dites de troisième catégorie, mais au contraire les soumettre à une révision. Cela fait, elles peuvent parfaitement devenir des coopératives de première catégorie. Cette expérience a d’ailleurs été acquise en beaucoup d’endroits et pas seulement dans le canton de Kaochan, district de Tchangcha.
Note sur l’article: « Comment la prépondérance est passée des paysans moyens aux paysans pauvres dans la Coopérative agricole de Production de Wou- tang, canton de Kaochan, district de Tchangcha »
XIV
Le problème que soulève cet article a une portée générale. Il faut unir à nous les paysans moyens; ce serait une erreur de ne pas le faire.
Mais pour les rallier, en vue d’assurer la transformation socialiste dans l’ensemble des régions rurales, sur qui la classe ouvrière et le Parti communiste doivent-ils compter dans nos campagnes? Bien entendu sur les paysans pauvres, et uniquement sur eux. Il en fut ainsi quand nous luttions contre les propriétaires fonciers et réalisions la réforme agraire; il en est encore ainsi aujourd’hui, alors que, pour accomplir la transformation socialiste de l’agriculture, nous luttons contre les paysans riches et les autres éléments capitalistes. Au début de chacune de ces deux périodes révolutionnaires, les paysans moyens se sont montrés hésitants. Ce n’est qu’au moment où ils se rendent clairement compte de la tendance générale des événements et du triomphe imminent de la révolution qu’ils passent du côté de cette dernière. Les paysans pauvres doivent donc agir sur les paysans moyens, les gagner à leur cause, pour que la révolution prenne chaque jour plus d’ampleur, jusqu’à la victoire finale. A l’instar des anciennes unions paysannes, les comités de gestion des coopératives agricoles de production doivent comprendre aussi d’anciens paysans moyens-pauvres ainsi que quelques paysans moyens aisés, anciens et nouveaux, qui soient représentatifs et dont le niveau de conscience politique soit relativement élevé. Toutefois, leur nombre ne devrait pas être trop grand, la proportion convenable est d’environ le tiers des membres d’un comité. Les deux autres tiers devraient être constitués par des paysans pauvres (c’est-à-dire des paysans pauvres actuels ou d’anciens paysans pauvres devenus de nouveaux paysans moyens-pauvres). C’est aux paysans pauvres (c’est-à-dire, répétons-le, aux paysans pauvres actuels ainsi qu’à tous les anciens paysans pauvres devenus de nouveaux paysans moyens-pauvres) que doivent revenir, en général, les principales fonctions dirigeantes dans les coopératives, sans toutefois excepter les anciens paysans moyens-pauvres ainsi qu’un certain nombre de paysans moyens aisés, anciens et nouveaux, qui ont une haute conscience politique et sont réellement impartiaux et compétents. Dans le district de Fouan, province du Foukien, une coopérative dirigée par des paysans pauvres et une autre dirigée par des paysans moyens adoptent une attitude différente à l’égard de la cause du socialisme, cela ne doit pas être considéré comme un cas particulier, mais comme une vérité générale.
Note sur l’article: « La Leçon à tirer de l’apparition d’une ‘coopérative de paysans moyens’ et d’une ‘coopérative de paysans pauvres’ dans le district de Fouan »
xv
Ce document, fort utile, mérite qu’on lui prête partout attention, car il décrit le comportement des diverses couches de la population rurale. Ce sont les paysans pauvres qui manifestent le plus d’enthousiasme pour la coopération. Quant aux paysans moyens, nombre d’entre eux veulent « voir venir les choses” et trouvent bon de « rester libres en dehors”; ils se préoccupent avant tout de savoir s’ils courent un risque en investissant dans les coopératives leurs moyens de production; ils peuvent se décider dans un sens ou dans l’autre. Enfin, beaucoup de paysans moyens aisés montrent une grande répugnance pour la coopération ; les pires d’entre eux réalisent leurs moyens de production, transfèrent leur capital ou organisent des pseudo-coopératives; quelques-uns vont jusqu’à commettre des méfaits en collusion avec des propriétaires fonciers et des paysans riches. Nous espérons que les camarades qui s’occupent du travail rural s’attacheront à observer et à analyser le comportement des diverses couches de la paysannerie dans leurs propres localités, pour être en mesure d’adopter une politique qui convienne à la situation. De plus, ce document fait mention de la tendance erronée qui consiste à négliger les équipes d’entraide au profit des coopératives. Il recommande avec raison une planification d’ensemble qui tienne compte aussi bien des unes que des autres. Créer des « réseaux d’équipes d’entraide et de coopératives” est un bon moyen, car c’est prendre les deux en considération. Les coopératives doivent apporter une aide effective aux équipes d’entraide et aux paysans individuels pour leur permettre de résoudre les difficultés qu’ils rencontrent dans la production. Il faut envoyer sans retard dans les villages les fonds destinés aux paysans pauvres. A ceux d’entre eux qui n’ont pas encore rejoint les coopératives, il faut faire savoir que ces fonds seront à leur disposition dès le moment de leur adhésion.
Note sur l’article: « Nouvelle situation, nouveaux problèmes »
XVI
L’orientation de cette coopérative est juste, toutes les autres doivent suivre son exemple. Dans leurs résolutions et directives concernant la coopération, les différentes provinces feraient bien d’indiquer que toute coopérative se doit d’aider à venir à bout de leurs difficultés ceux de ses membres chez qui il y a manque de force de travail, tels que veufs, veuves, orphelins et autres personnes sans appui (ces gens doivent en effet être admis dans les coopératives); il en va de même pour ceux qui, tout en possédant de la force de travail. mènent une vie très difficile. Or, faute d’esprit socialiste, nombre de coopératives n’accordent pas leur aide aux familles nécessiteuses et vont jusqu’à évincer catégoriquement les paysans pauvres ; c’est tout à fait erroné. Maintenant, le gouvernement dispose en faveur des paysans pauvres d’un crédit d’assistance qui permettra de remédier à leur pénurie de bœufs ou d’instruments aratoires, sans pouvoir toutefois résoudre les difficultés des familles de paysans pauvres qui manquent de force de travail, ni satisfaire tous les besoins en vivres de certains foyers au moment où on doit faire la soudure, alors que la prochaine récolte est encore en herbe. On ne viendra à bout de ces difficultés qu’en comptant sur la force des masses organisées en coopératives.
Note sur l’article: « Comment la cellule du Parti du canton de Tsingfeng, district de Siangtan, a aidé les membres nécessiteux des coopératives à résoudre leurs difficultés »
XVII
Voici une histoire très intéressante. Le socialisme, ce phénomène nouveau, ne peut voir le jour qu’au prix d’une lutte sérieuse menée contre ce qui est ancien. A certains moments, une fraction de la société s’obstine à suivre la vieille voie. Mais, à d’autres moments, les mêmes gens peuvent fort bien changer d’attitude et approuver les choses nouvelles. Ainsi, dans le premier semestre de 1955, les paysans moyens aisés étaient, pour la plupart, opposés à la coopération; mais dans la seconde moitié de l’année, un certain nombre d’entre eux changèrent d’avis et manifestèrent le désir d’être admis dans les coopératives, quelques-uns, il est vrai, avec l’arrière-pensée de pouvoir s’en assurer la direction. D’autres se montraient fort hésitants; en paroles, ils voulaient bien y adhérer, mais au fond d’eux-mêmes ils ne le souhaitaient pas tellement. D’autres enfin s’entêtaient à rester dans l’expectative. Sur cette question, les organisations du Parti dans les régions rurales doivent faire preuve de patience à l’égard de cette couche de la paysannerie. Puisqu’il convient d’établir la prépondérance des paysans pauvres et des nouveaux paysans moyens-pauvres dans la direction des coopératives, l’adhésion quelque peu tardive d’une certaine fraction des paysans moyens aisés présente plutôt des avantages.
Note sur l’article: « Ils ont choisi résolument la voie de la coopération »
XVIII
Le travail politique est vital pour toute notre activité économique. Cela est particulièrement vrai dans une période de transformation radicale du régime socio-économique. Le mouvement de coopération agricole a été, dès le début, une sérieuse lutte idéologique et politique. Aucune coopérative ne peut être fondée sans une telle lutte. Pour qu’un système social tout nouveau puisse être édifié à la place de l’ancien, il faut d’abord déblayer le terrain. Les survivances de la vieille idéologie, qui reflète l’ancien système, demeurent nécessairement, et pendant longtemps, dans l’esprit des gens; elles ne s’effacent pas facilement. Après sa création, une coopérative doit soutenir encore bien des luttes avant de se consolider. Et même après sa consolidation, elle risque de s’effondrer, pour peu qu’elle relâche ses efforts. Ce fut le cas de la Coopérative de Sanleouse, dans le district de Hsiéyu, province du Chansi, qui, faute de persévérance après sa consolidation, faillit aller à la ruine. Il a fallu que l’organisation du Parti critique ses propres erreurs et se remette à éduquer les membres de la coopérative en vue de lutter contre la tendance au capitalisme et de renforcer le socialisme, et qu’elle reprenne le travail politique, avant que la crise puisse être surmontée et que la coopérative puisse continuer à se développer. La lutte contre les tendances spontanées au capitalisme qui sont de nature égoïste, et l’encouragement donné à l’esprit socialiste qui veut que le principe de l’unité de l’intérêt collectif et de l’intérêt individuel régisse toute parole et toute action, constituent les garanties idéologiques et politiques du passage graduel des petites exploitations paysannes dispersées aux grandes exploitations coopératives. Cela représente une tâche ardue qu’il faut entreprendre très concrètement et avec beaucoup de soin, en tenant compte de l’expérience vécue des paysans, et non pas de façon brutale et simpliste. Elle doit être accomplie en liaison avec notre travail économique et non isolément. A cet égard. nous avons déjà, à l’échelle nationale, une assez riche expérience. Presque tous les articles de ce recueil reflètent une telle expérience.
Note sur l’article: « Une sérieuse leçon »
XIX
Le point de vue formulé dans cet article est juste. Il faut souligner l’importance de mener à bien le travail politique dans les coopératives. L’essentiel de ce travail consiste à inculquer inlassablement aux masses paysannes les idées socialistes et à critiquer la tendance au capitalisme.
Note sur l’article: « Le Travail politique dans la Coopérative de Tchangkouotchouang »
XX
Un tcl état de choses mérite notre attention. Il y a une serieuse tendance au capitalisme chez les paysans aisés. Elle se donnera libre cours si nous relâchons tant soit peu notre travail politique parmi les paysans pendant le mouvement de coopération et dans une très longue période à venir.
Note sur l’article: « Il faut mener une ferme lutte contre la tendance au capitalisme »
XXI
Voilà un très bon rapport sur le travail de révision dans une coopérative, rapport qui mérite d’être recommandé aux lecteurs. La naissance d’un régime social nouveau s’accompagne toujours de vives clameurs: il s’agit, en effet, de faire connaître la supériorité du nouveau régime et de condamner le caractère arriéré de l’ancien. Entraîner plus de 500 millions de paysans chinois dans la transformation socialiste est une entreprise titanesque qui ne peut s’accomplir dans le calme et la tranquillité; elle exige de nous autres communistes un travail de propagande et d’éducation parmi les larges masses paysannes sur lesquelles pèse encore le fardeau de l’ancien régime, un travail mené avec patience, de façon vivante, dans un langage facile à comprendre. A l’heure actuelle, il est en cours dans l’ensemble du pays, et de nombreux camarades chargés du travail rural se sont révélés d’excellents propagandistes. La méthode dite des « quatre comparaisons » et des « cinq calculs »3, décrite dans cet article, est très pratique et fait comprendre facilement aux paysans lequel des deux régimes est le bon. Cette méthode possède une grande force de persuasion. Elle n’a rien de commun avec la façon de procéder de certains camarades qui, dans leur incompétence en matière de propagande, se contentent de formules simplistes telles que: « Ou vous vous engagez dans la voie indiquée par le Parti communiste, ou vous suivez Tchiang Kaï-chek », et qui cherchent à soumettre leurs auditeurs en les menaçant de grosses étiquettes, sans rien présenter qui les intéresse. La bonne méthode, c’est de s’inspirer, en chaque endroit, des propres expériences des paysans et de leur en présenter une analyse détaillée; de là vient sa grande force de persuasion.
Note sur l’article: « Une bonne expérience dans le travail de révision au sein d’une coopérative »
XXII
Le sabotage du mouvement coopératif par les contre-révolutionnaires est un problème commun à toutes les régions ; il ne se limite pas au Ve arrondissement du district de Touyun, dans le Koueitcheou; cependant, on en parle fort peu dans les périodiques du même genre qui paraissent dans les autres provinces. Au cours du mouvement coopératif, les camarades engagés dans le travail rural doivent tous prêter pleine attention à la lutte contre les activités de sape des contre- révolutionnaires. Il faut, comme dans cet arrondissement du district de Touyun, mettre sur pied, à l’intérieur des coopératives, des groupes de sécurité qui aient pour ossature des membres du Parti et de la Ligue de la Jeunesse. En outre, il est absolument nécessaire que, sous la direction et le contrôle du comité de district, le comité du Parti à l’échelon de l’arrondissement analyse la situation, propage la politique
du Parti en l’expliquant aussi bien aux communistes qu’aux non- communistes et mette les masses en garde contre les activités de sape des contre-révolutionnaires, puis qu’il fasse des enquêtes au sujet des contre-révolutionnaires et autres mauvais éléments qui se seraient infiltrés dans la direction des coopératives, les en élimine et prenne contre eux les mesures qui s’imposent. Cependant, seuls ceux qui sont vraiment des contre-révolutionnaires ou des mauvais éléments seront éliminés; on ne saurait qualifier de « mauvais éléments” des gens honnêtes ou des personnes qui ne présentent que certains défauts. Il faut surtout que les mesures punitives soient appropriées et qu’clles aient été approuvées par les autorités responsables du district.
Note sur l’article: »Combattons résolument les activités de sape des contre-révolutionnaires »
XXIII
Il est de très haute importance pour l’édification d’une grande société socialiste d’entraîner en masse les femmes à participer aux activités productrices. Le principe « à travail égal salaire égal » doit être appliqué dans la production. Une véritable égalité entre l’homme et la femme ne peut être réalisée qu’au cours du processus de la transformation socialiste de l’ensemble de la société.
Note sur l’article : « Les Femmes au front du travail »
XXIV
Cet excellent article peut servir partout de référence. Les jeunes constituent la force la plus active, la plus dynamique de notre société. Ils sont les plus passionnés pour l’étude, les moins imprégnés d’idées conservatrices, surtout à l’époque du socialisme. Nous espérons que toutes les organisations du Parti, de concert avec celles de la Ligue de la Jeunesse, étudieront avec une attention particulière les moyens de mettre pleinement en valeur la force des jeunes: il faut se garder de confondre la jeunesse avec les autres âges, en ignorant ses traits caractéristiques. Naturellement, les jeunes doivent apprendre auprès des personnes âgées et d’âge moyen et s’assurer autant que possible de leur accord avant d’entreprendre toute activité utile. Celles-ci sont relativement conservatrices et elles entravent souvent les activités progressistes des jeunes. Elles ne se laisseront pas convaincre avant que ces derniers n’aient remporté des succès. L’article donne une remarquable description de cet état de choses. Il ne faut évidemment consentir à aucun compromis avec les idées conservatrices; eh bien, que les jeunes montrent ce dont ils sont capables: quand ils auront obtenu des succès, ils emporteront l’adhésion de leurs aînés.
Note sur l’article: « La Brigade de choc des jeunes de la Coopérative agricole de Production N° 9 du canton de Sinping, district de Tchongchan »
xxv
Voilà encore un très bon article qui peut servir de référence pour les autres régions du pays. Le passage où il est question d’organiser les élèves des écoles secondaires ou ceux qui ont terminé l’école primaire, en vue de les faire participer au travail de la coopération, mérite une attention particulière. Tous les jeunes qui ont ce niveau d’instruction et qui peuvent aller travailler à la campagne doivent s’en faire une joie. La campagne, c’est un monde immense où ils peuvent donner toute leur mesure.
Note sur l’article: « L’Expérience d’un canton dans la planification de la coopération »
XXVI
Voici un nouvel exemple, Tchen Hsiué-meng. De tels héros sont des milliers et des milliers en Chine. Mais il est regrettable que nos écrivains ne se donnent pas la peine d’aller les chercher et que ceux de nos camarades qui vont à la campagne pour guider la coopération agricole, bien qu’ils en rencontrent beaucoup, écrivent si peu sur eux.
Note sur l’article: « Tchen Hsiué-meng, promoteur de la coopération »
XXVII
Cet article est très bien écrit; il mérite d’être recommandé à tous les comités du Parti et de la Ligue de la Jeunesse aux échelons du district et de l’arrondissement, ainsi qu’à leurs cellules dans les cantons. Toutes les coopératives devraient suivre l’exemple qu’il rapporte. L’auteur comprend bien la ligne du Parti et touche au cœur du problème. De plus, il s’exprime bien; on saisit immédiatement ce qu’il veut dire; il n’emploie pas le style stéréotypé du Parti. A ce propos, nous voudrions attirer l’attention du lecteur sur le fait que de nombreux camarades ont au contraire une affection particulière pour ce style; aussi leurs articles manquent-ils de vie et de relief, et à les lire on a mal à la tête. Ces camarades se soucient peu de la grammaire et du style, ils préfèrent un genre qui tient à la fois de la langue écrite classique et de la langue parlée. Ils sont tantôt d’une loquacité fastidieuse, tantôt d’un laconisme archaïque; 0a dirait qu’ils sont décidés à faire souffrir le lecteur. Sur les quelque 170 articles réunis dans ce recueil, un bon nombre étaient fortement imprégnés du style stéréotypé du Parti. Il a fallu les réviser plusieurs fois pour les rendre un peu plus lisibles. Néanmoins, certains restent plus ou moins obscurs. Ils n’auraient pas été retenus, n’eût été l’importance de leur contenu. Quand verrons-nous enfin disparaître tant soit peu ce style stéréotypé qui donne la migraine? Il faut que les camarades responsables de la rédaction de nos journaux et de nos revues prêtent attention à cette question. Ils devraient veiller à ce que les auteurs des articles écrivent dans un style à la fois vivant et coulant, et en outre réviser personnellement les manuscrits.
Note sur l’article: « Le Travail politique dans Ies coopératives »
^VIII
L’article nous parle de la « Coopérative des Gueux » que dirige Wang Kouo-fan. La diligence et l’économie dans la gestion doivent .être la ligne de conduite de toutes nos coopératives agricoles de production, ou bien plutôt de toutes nos entreprises économiques. Il faut les pratiquer partout, dans les usines, les magasins, les entreprises d’Etat et les entreprises coopératives aussi bien que dans n’importe quel autre travail. C’est le principe de stricte économie, un des principes fondamentaux de l’économie socialiste. La Chine est un grand pays, mais encore très pauvre, et il lui faudra plusieurs décennies pour devenir prospère. Et même alors, le principe de diligence et d’économie devra toujours être appliqué. Mais c’est surtout durant ces décennies, c’est-à-dire au cours de la réalisation de plusieurs plans quinquennaux, qu’il faut le préconiser, qu’il faut pratiquer une stricte économie. De nombreuses coopératives sont à présent négligentes sous ce rapport; cette tendance néfaste devra être rapidement éliminée. Néanmoins, il se trouve dans chaque province, dans chaque district, des coopératives bien gérées à ce point de vue; elles doivent être données en exemple à toutes les autres. Il faudra faire l’éloge des coopératives qui sont gérées avec diligence et économie, qui obtiennent les rendements les plus élevés, qui fonctionnent bien dans tous les domaines, et critiquer celles qui sont dépensières, dont les rendements sont faibles, qui sont mal gérées à bien des égards.
Note sur l’article: « Diligence et économie dans la gestion des coopératives »
XXIX
Voilà un plan de sept ans élaboré par une grande coopérative qui s’étend sur tout un canton et qui groupe plus de mille familles (il s’agit d’une coopérative. bien qu’elle soit appelée ferme collective). Ce plan pourrait servir partout de référence. Pourquoi a-t-on besoin d’un plan à long terme de ce genre? Un examen de son contenu en révélera la raison. L’évolution de l’humanité se poursuit depuis des centaines de milliers d’années, mais c’est aujourd’hui seulement que la Chine dispose de conditions qui lui permettent de développer de façon planifiée son économie et sa culture. Maintenant que ces conditions sont réunies, notre pays changera de physionomie d’année en année. Des changements relativement importants pourront se constater tous les cinq ans. Ils seront donc considérables après plusieurs périodes de cinq ans.
Note sur l’article: « Le Plan à long terme de la* Ferme collective ‘Etoile rouge’ «
xxx
Ceci est un bon article que chacun devrait lire, et dont pourraient s’inspirer toutes les coopératives qui ont à établir des plans à long terme, L’auteur a parfaitement raison de dire: « Tout le processus d’établissement d’un plan de production est une lutte entre les idées avancées et les idées conservatrices, » Aujourd’hui, celles-ci exercent leur action néfaste un peu partout. Pour les vaincre et pour permettre aux forces productives et à la production de faire un grand pas en avant, il faut que chaque localité, chaque coopérative élabore son propre plan à long terme,
Note sur l’article: « Le Plan triennal de production d’une coopérative”
Ce canton a établi un plan de deux ans en vue de promouvoir la coopération agricole, d’augmenter la production, d’entreprendre des travaux hydrauliques, de consolider les organisations du Parti communiste et de la Ligue de la Jeunesse, de développer l’éducation et la culture, etc. C’est un exemple que devraient suivre tous les cantons du pays. Si la planification est une tâche aussi ardue que d’aucuns le prétendent, comment se fait-il que ce canton ait pu la mener à bien? Il faut que chaque district, chaque arrondissement, chaque canton établisse en 1956 un plan d’ensemble encore plus complet que celui du canton en question: il portera également sur la production subsidiaire, le commerce, les finances, le reboisement, la santé publique, etc. Un plan même un peu sommaire et qui ne correspondrait pas en tout point à la réalité vaudrait toujours mieux que rien. Si, dans une province, un ou deux districts, arrondissements ou cantons sont à même de présenter des plans relativement bien faits, ceux-ci pourront être rapidement diffusés et serviront de modèles aux autres districts, arrondissements et cantons, La planification est, selon certains, pleine de difficultés, mais en réalité elle n’est pas aussi difficile qu’on ne le croit.
Note sur l’article: « Planification d’ensemble pour le canton de Yitao »
XXXII
Cet article est très utile et pourrait servir de référence à tous les districts. Dans sa planification d’ensemble, chaque district doit établir un plan approprié pour la construction d’ouvrages hydrauliques. Car ces travaux sont des plus importants pour assurer l’augmentation de la production agricole, Les travaux de petite envergure peuvent être effectués par tout district, arrondissement et canton, par toute coopérative. Mais il est indispensable d’élaborer des plans dont l’exécution sera échelonnée sur un certain nombre d’années, pour garantir l’irrigation en période de sécheresse et le drainage au moment des grandes pluies, en dehors des cas d’inondations et de sécheresse exceptionnelles et impossibles à dominer. Cela est parfaitement réalisable. Organisées en coopératives, les masses disposent d’une force considérable. Ainsi, les inondations et la sécheresse ordinaires, problèmes insolubles depuis des millénaires, seront maîtrisées en l’espace de quelques années.
Note sur l’article: « II faut aménager un mou de terre irriguée par personne »
XXXIII
L’élevage du porc est fort important pour la production des engrais. le ravitaillement en viande et l’obtention de devises étrangères par l’exportation. Toutes les coopératives doivent l’incorporer dans leur plan; il en est de même, évidemment, pour les provinces, préfectures, districts et arrondissements. On trouve sans peine de quoi nourrir un cochon: des plantes herbacées, les feuilles de certains arbres, la patate douce et ses fanes peuvent lui convenir. Il n’est pas indispensable de lui donner du grain, surtout pas en grande quantité. En plus de l’élevage collectif assuré par la coopérative, il faut conseiller à chaque famille paysanne d’élever un ou plusieurs porcs. Ce but doit être atteint en quelques années. Bien entendu, cela ne touche pas certaines minorités nationales pour qui le porc est tabou ou certaines familles qui ne veulent pas en entreprendre l’élevage pour raison de religion. Diverses mesures de récompense devront être prévues pour encourager l’élevage du porc. L’expérience de la Coopérative de Changhoua, dans la province du Tchékiang, pourrait servir partout de référence.
Note sur l’article: « Un important cheptel porcin »
XXXIV
Avant le mouvement de coopération agricole, le problème de la main-d’œuvre excédentaire se posait en maints endroits du pays. Mais depuis, un grand nombre de coopératives manquent de bras, de sorte qu’il est nécessaire d’entraîner sur le front du travail la grande masse des femmes, qui ne participait pas aux travaux des champs. C’est là un événement important auquel beaucoup ne s’attendaient pas. Auparavant, on s’imaginait que la coopération engendrerait nécessairement une main-d’œuvre excédentaire. On se disait: La main-d’œuvre est déjà trop nombreuse; que ferons-nous si l’excédent s’accroît encore! En de nombreux endroits, la pratique de la coopération a dissipé les craintes. Il y a eu non pas excédent, mais pénurie de main-d’œuvre. Si, momentanément, on a vu apparaître çà et là, avec le mouvement coopératif, un surplus de main-d’œuvre, c’est qu’on n’avait pas encore entrepris la production sur une large échelle, ni diversifié les activités, ni apporté suffisamment de soin aux cultures. Mais un peu partout, quand on s’est mis à étendre la production, à multiplier les activités, à exploiter plus largement et plus à fond les ressources naturelles, et à travailler plus soigneusement, on s’est aperçu qu’on manquait de main-d’œuvre. Ce phénomène commence seulement à se faire sentir, et il deviendra de plus en plus sensible au cours des années. Il existera même après la mécanisation de l’agriculture. Dans l’avenir, nous verrons apparaître toutes sortes d’activités auxquelles personne n’avait encore pensé, et la production agricole s’élèvera de plusieurs fois, d’une dizaine, voire de plusieurs dizaines de fois par rapport à son niveau actuel. Le développement de l’industrie, des transports et des échanges commerciaux dépassera tout ce qui a jamais pu être imaginé. Il en sera de même pour les sciences, la culture, l’éducation, la santé publique et d’autres secteurs. Les femmes constituent en Chine une importante source de main-d’œuvre, qu’il faut mettre en valeur dans la lutte que nous menons pour édifier un grand pays socialiste. Afin d’encourager les femmes à s’engager dans la production, nous devons appliquer le principe « à travail égal salaire égal ». L’expérience du district de Kienteh, dans le Tchékiang, est valable pour toutes les coopératives.
Note sur l’article: « La Mobilisation des femmes en vue de la production. remède à la pénurie de main-d’œuvre » ‘
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Il s’agit là aussi d’une question de portée générale. Comme on peut le constater, ces deux coopératives ont déjà un bon tiers de main- d’œuvre en excédent, même dans les conditions de production actuelles. Depuis la coopération, deux personnes suffisent pour accomplir ce qui était l’ouvrage de trois; c’est là une preuve de la supériorité du socialisme. Mais alors où affecter ce tiers ou plus de main-d’œuvre excédentaire? Principalement à la campagne même. Le socialisme a libéré du joug de l’ancienne société non seulement les travailleurs et les moyens de production, mais aussi les immenses ressources naturelles qu’on était hors d’état d’exploiter. Les masses sont douées d’une puissance créatrice illimitée. Elles sont capables de s’organiser et de diriger leurs efforts vers tous les domaines et toutes les branches dans lesquels elles peuvent déployer leur énergie; elles peuvent s’attaquer à la tâche de la production, en largeur comme en profondeur, et créer un nombre croissant d’œuvres pour leur bien-être. Ici, nous n’avons pas encore parlé de la mécanisation de l’agriculture. Or, la mécanisation permettra d’économiser encore plus de main-d’œuvre. Pourra-t-on trouver une issue pour cet excédent? L’expérience de certaines fermes mécanisées montre bien que cette issue existe. Car, quand on aura étendu la production, diversifié les activités et apporté plus de soin au travail, il n’y aura plus lieu de craindre que la main-d’œuvre ne soit pas pleinement mise en valeur.
Note sur l’article: « Une issue pour la main-d’œuvre excédentaire”
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Les réalisations de ce district nous montrent aussi qu’à la campagne il est possible de trouver une issue pour l’excédent de la main-d’œuvre rurale. Avec l’amélioration de la gestion et l’extension des secteurs de production, le chiffre annuel des journées de travail de chaque homme ou femme pourra encore s’élever; ce ne sera plus une centaine de journées de travail pour un homme et plusieurs dizaines pour une femme, comme le dit l’article, mais plus de deux cents pour un homme et une centaine pour une femme, ou même davantage. Dans d’autres localités, certaines coopératives ont déjà atteint ces chiffres. Les activités subsidiaires doivent se développer en fonction des débouchés pour leurs produits, et non au hasard. Un tel principe est juste. Considérées sous l’angle du pays entier, les productions auxiliaires à la campagne sont, en majeure partie, destinées aux régions rurales, mais il faut en réserver une part non négligeable, qui pourra d’ailleurs s’accroître dans l’avenir, à la consommation urbaine et à l’exportation. L’important, c’est que l’Etat doit établir un plan unifié pour éliminer pas à pas le laisser-aller.
Note sur l’article: »Dans le district de Siiing- yin, on a trouvé une issue pour la main-d’œuvre océdentaire »
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Cet excellent article présente à toutes les régions un exemple à suivre. « On manque de comptables”, voilà un des prétextes dont se servent ceux qui s’opposent au développement rapide de la coopération agricole. La coopération à l’échelle nationale exige des millions de comptables; où les trouver? En fait, nous avons les gens sous la main, on peut très bien mobiliser pour ce travail un grand nombre de ceux qui ont terminé l’école primaire ou le premier cycle du secondaire. L’important, c’est de leur donner une formation accélérée et d’élever leur niveau culturel et professionnel dans la pratique. Organiser à l’échelle de l’arrondissement un réseau d’entraide composé des comptables de coopératives de production, coopératives d’approvisionnement et de vente et coopératives de crédit, voilà une bonne méthode pour élever leur niveau culturel et professionnel. Un réseau de ce genre établi dans le IIIe arrondissement du district de Tchangwou a aidé les comptables à élever leur niveau culturel et professionnel, et fait beaucoup de travail dans les domaines économique et politique. Les organisations du Parti des districts et des arrondissements doivent assumer la direction de ce travail.
Note sur l’article: « L’Expérience acquise dans l’organisation d’un réseau d’entraide composé des comptables de coopératives agricoles de production, coopératives d’approvisionnement et de vente et coopératives de crédit »
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Cette expérience devrait être largement popularisée. Lénine disait: « Il est impossible de bâtir une société communiste dans un pays d’illettrés4.” Or, notre pays en compte un si grand nombre; cependant nous ne pouvons pas attendre, pour édifier le socialisme, que l’analphabétisme soit d’abord éliminé; il y a donc là une contradiction aiguë. Non seulement beaucoup d’enfants d’âge scolaire, mais encore un grand nombre d’adolescents et de jeunes gens n’ont pas d’écoles à leur disposition ; et ne parlons pas des adultes. Ce sérieux problème doit être résolu au cours du mouvement de coopération agricole, et d’ailleurs il ne peut l’être qu’au cours de ce mouvement. En effet, après s’être organisés en coopératives, les paysans poussés par les exigences de l’économie éprouvent le pressant besoin d’apprendre à lire et à écrire. D’autre part, la création des coopératives met à leur disposition une force collective qui modifie complètement la situation, et ils ont ainsi la possibilité d’organiser leur propre cours de lecture et d’écriture. Pour être à même de tenir la comptabilité des points de travail, il leur faut d’abord apprendre à écrire les noms des gens et des lieux de leur village et de leur canton, les noms qui désignent les instruments aratoires et les différents travaux agricoles, ainsi que d’autres termes indispensables, ce qui requiert la connaissance de 200 à 500 caractères environ. Ensuite, ils apprendront davantage de caractères et acquerront un vocabulaire plus large. Deux types de manuels sont donc nécessaires. Les premiers doivent être composés, selon les besoins des coopératives locales, par les gens instruits de l’endroit, avec l’aide des camarades chargés de guider le travail de coopération. Chaque localité doit établir ses propres textes ; il ne saurait être question d’un ouvrage unifié. Les manuels de ce genre n’ont pas besoin d’être revus par les autorités intéressées. Ceux du deuxième type, c’est aussi aux gens instruits de l’endroit qu’il appartient de les préparer, toujours avec l’aide des camarades chargés de guider le travail coopératif. Pour l’établissement des textes, ils doivent tenir compte des choses et des termes usuels d’une zone relativement limitée (le district ou la préfecture, par exemple) et, en outre, de certains termes et choses de la province (municipalité ou région autonome) et de la nation tout entière. Toutefois, ces textes ne devraient contenir, eux aussi, que quelques centaines de caractères. Et s’il n’est pas nécessaire de les unifier, il
importe cependant de les soumettre pour un rapide examen aux autorités responsables de l’instruction publique dans le district, la préfecture ou la province (municipalité ou région autonome). Après ces deux premiers stades, il faudra en aborder un troisième. C’est aux autorités de la province (municipalité ou région autonome) responsables de l’instruction publique qu’il incombe de préparer un troisième type de manuels pour usage plus général. Par la suite, des manuels plus avancés devront être rédigés. Ce travail sera guidé de manière appropriée par les organismes de culture et d’éducation de l’autorité centrale. A Kaokialieoukeou, village du district de Kiunan, dans la province du Chantong, la cellule de la Ligue de la Jeunesse a fait œuvre de pionnier, ce qui est pour nous une constatation fort réjouissante. Les enseignants ne manquaient pas: c’étaient les élèves sortis des écoles primaires du canton, Les progrès furent rapides. En deux mois et demi, une centaine de jeunes gens et d’adultes ont appris plus de 200 caractères, et ils sont maintenant à même de tenir un registre de leur propre travail; certains d’entre eux sont devenus comptables de leur coopérative. Le nom’ de « Stage d’étude sur la comptabilité des points de travail » convient fort bien. Ce genre de stage devrait être organisé partout. La Ligue de la Jeunesse à tous les échelons en assumera la direction, et les organismes du Parti et du gouvernement devront la soutenir dans ce travail.
Note sur l’article: « L’Expérience de la cellule de la Ligue de la Jeunesse de Kaokialieoukeou, district de Kiunan, dans l’organisation d’un stage d’étude sur la comptabilité des points de travail »
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Il s’agit ici de la Coopérative d’Agriculture, de Sylviculture et d’Elevage “Etoile d’Or » que dirige Li Chouen-ta. Cette coopérative s’est agrandie au point de grouper, trois ans après sa création, 283 familles. Située dans les vallées arides des monts Taihang, elle a commencé à changer d’aspect, grâce à trois années de dur labeur fourni par ses membres. Le taux d’utilisation de la main-d’œuvre est de 110,6 pour cent supérieur à celui d’avant la Guerre de Résistance contre le Japon, du temps où l’on travaillait individuellement, et de 74 pour cent supérieur à celui de la période des équipes d’entraide, avant la création de la coopérative. Ses fonds d’accumulation sont passés de 120 yuans la première année à plus de 11.000 yuans. En 1955, chaque membre a reçu en moyenne 442 kg de grain, soit 77 pour cent de plus qu’avant la Guerre de Résistance ou 25,1 pour cent de plus qu’avant l’établissement de la coopérative. Cette dernière a élaboré un plan quinquennal, et, au terme des trois premières années, la valeur globale de la production a déjà dépassé de 0,6 pour cent celle qui était prévue pour toute la période du plan. Une telle expérience est pour nous un enseignement; en effet, si l’on peut, là où les conditions naturelles sont plutôt défavorables, accroître fortement la production, pourquoi, dans des endroits plus favorisés, ne pourrait-on pas faire mieux encore?
Note sur l’article: « Diligence et économie dans la gestion d’une coopérative — mise en valeur d’une région montagneuse »
XL ‘
Il s’agit là d’une coopérative très bien gérée. L’expérience utile qu’elle fournit est fort riche. Le district de Kiufou est le pays natal de Confucius. C’est là que ce bon vieillard s’est consacré à l’enseignement durant bien des années et a formé nombre de disciples fort capables. Cela est bien connu. Toutefois, il ne prêtait guère d’attention à la vie économique du peuple. Fan Tche, un de ses disciples, lui ayant demandé comment pratiquer l’agriculture, il éluda la question, et encore injuria Fan Tche derrière son dos, en le qualifiant d’“homme vil”5. Maintenant, des coopératives socialistes ont été créées par les habitants de son pays natal. Trois ans après leur création, la vie économique et culturelle du peuple qui avait toujours connu la misère pendant plus de deux mille ans a commencé à changer. Cela prouve que le socialisme qu’on édifie aujourd’hui n’a vraiment pas son pareil dans l’histoire. Il est on ne sait combien de fois supérieur aux “canons” de Confucius. A ceux qui prennent intérêt à visiter le Temple et la Tombe de Confucius, je conseille d’aller voir en passant cette coopérative.
Note sur l’article: « Une coopérative agricole de production qui a accru sa production de 67 pour cent en trois ans »
XLI
Voilà un article fort bien écrit qui mérite d’être lu, Actuellement, la plupart de nos coopératives de type semi-socialiste ne groupent que 20 à 30 familles, parce qu’avec ces effectifs elles sont faciles à gérer et qu’elles offrent aux cadres et aux membres la possibilité d’acquérir rapidement de l’expérience. Mais ces petites coopératives n’ayant que peu de membres, peu de terres et peu de fonds disponibles ne peuvent ni pratiquer la grande exploitation ni employer des machines; le développement des forces productives s’en trouve encore entravé, Elles ne sauraient donc rester trop longtemps à ce stade et devraient progressivement fusionner. En certains endroits, une coopérative pourra embrasser tout un canton et plus rarement, plusieurs cantons; mais naturellement il y aura, dans bien des cas, plusieurs coopératives pour un seul canton. Les régions de plaine ne sont pas les seules à pouvoir créer de grandes coopératives; les régions montagneuses en ont aussi la possibilité. Le canton où se trouve le réservoir de Foutseling, dans l’Anhouei, est couvert de montagnes qui s’étendent en long et en large sur plusieurs dizaines de lis, et pourtant, on a réussi à y créer une grande coopérative à exploitation multiple, qui pratique à la fois l’agriculture, la sylviculture et l’élevage. Il va de soi que la fusion des coopératives ne peut s’effectuer que par étapes; elle exige des cadres compétents et doit se réaliser avec l’accord des membres.
Note sur l’article: « La Supériorité des grandes coopératives »
XLII
L’expérience de la Coopérative « Drapeau rouge » de l’île de Hainan a démontré une fois de plus que les grandes coopératives et les coopératives de forme supérieure sont celles qui présentent le plus d’avantages. Cette grande coopérative n’a qu’un an d’existence, mais elle se prépare déjà à accéder à la forme supérieure. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, que les coopératives devraient toutes en faire autant; elles doivent d’abord examiner si les conditions s’y prêtent, puis décider du moment qui convient le mieux pour fusionner et passer à la forme supérieure. Mais, en général, un délai de trois ans environ peut suffire. L’essentiel, c’est de créer des exemples qui emportent la conviction des paysans. Lorsque ceux-ci verront que les grandes coopératives et les coopératives de forme supérieure sont plus avantageuses que les petites et celles de forme élémentaire, ils demanderont que leurs propres coopératives fusionnent et passent à la forme supérieure.
Note sur l’article: « Comment la Coopérative agricole de Production ‘Drapeau rouge’ du Iw arrondissement, dans le district de Kiongchan. s’est consolidée dans sa lutte contre les calamités naturelles et contre les idées capitalistes »
XLIII
Pour toutes les coopératives qui réunissent les conditions requises, il faudra songer à les faire passer de la forme élémentaire à la forme supérieure, afin que leurs forces productives et leur production puissent connaître un plus grand développement. Car la propriété semi-privée6 qui subsiste dans les coopératives de forme élémentaire deviendra tôt ou tard une entrave au développement des forces de production, aussi réclamera-t-on la transformation de cette forme de propriété, afin que la coopérative puisse devenir une organisation économique à gestion collective dans laquelle tous les moyens de production appartiendront entièrement à la collectivité. Dès qu’on libérera davantage les forces productives, la production augmentera encore. Scion les endroits, cette transformation pourra se produire un peu plus tôt ou un peu plus tard. En général, les coopératives de forme élémentaire établies depuis trois ans environ remplissent les conditions requises. Les organisations du Parti de chaque province. de chaque municipalité et de chaque région autonome étudieront la situation et prendront les dispositions nécessaires afin de créer, en 1956 et en 1957, avec l’assentiment des masses, un certain nombre de coopératives expérimentales de forme supérieure. Les coopératives qui existent actuellement sont en général de petite dimension. Mais quand viendra le moment de passer à la forme supérieure, elles devront, avec l’approbation des masses, fusionner pour devenir de grandes coopératives. Si, au cours des années 1956 et 1957, chaque arrondissement peut avoir une ou plusieurs coopératives de ce genre, dont la supériorité sur les coopératives de forme élémentaire apparaisse nettement aux yeux des masses, les conditions favorables
seront alors réunies pour permettre, au cours des années suivantes, la fusion des coopératives et leur passage à la forme supérieure. C’est un travail qui doit être coordonné avec la planification d’ensemble pour le développement de la production. Lorsqu’on se rendra compte que les grandes coopératives et les coopératives de forme supérieure offrent plus d’avantages que les petites et celles de forme élémentaire, et que la planification à long terme permet d’atteindre un niveau de vie matériel et culturel bien plus élevé que celui d’aujourd’hui, on consentira à procéder à la fusion des coopératives et à les faire passer à la forme supérieure. Ce passage s’effectuera plus rapidement dans les banlieues des villes qu’ailleurs. L’expérience de cette coopérative de Pékin peut servir d’exemple aux autres qui se trouvent dans une situation semblable.
Note sur l’article: « Une coopérative qui a passé de la forme élémentaire il la forme supérieure »
NOTES
- A ses débuts, la coopérative de Wang Kouo-fan connut, par manque de moyens de production, une période très difficile. Au lieu de compter sur le crédit d’Etat, elle envoya une partie de ses membres ramasser du bois de chauffage dans les montagnes situées à une distance de plus de 15 kilomètres. Avec l’argent réalisé par la vente du bois, elle acheta quantité de moyens de production. C’est pourquoi les membres de la coopérative disaient que leurs moyens de production avaient été « tirés de la montagne”.
- « faire de la propagande il l’envers” signifie que, lorsque les masses sont mobilisées sur une vaste échelle et demandent avec enthousiasme il adhérer aux coopératives, il faut, tout en indiquant les avantages des coopératives et les conditions favorables il leur établissement. montrer aux masses les difficultés et circonstances défavorables qui pourraient se présenter, afin qu’elles puissent bien réfléchir et adhérer aux coopératives sur la base du libre consentement.
- Les « quatre comparaisons » signifiaient faire la comparaison: i) entre la coopérative, l’équipe d’entraide et l’exploitation individuelle; 2) entre le socialisme et le capitalisme; 3) entre le système de l’exploitation de l’homme par l’homme et le régime social sans exploitation; 4) entre l’enrichissement personnel et la prospérité commune. Les « cinq calculs” portaient sur: 1) la capacité de lutter contre les calamités naturelles;
- l’accroissement des revenus à la suite du développement des occupations subsidiaires;
- l’augmentation du montant des points de travail résultant de la mise en valeur de l’enthousiasme pour la production; 4) l’élévation de la production, grâce il la coopération entre les paysans pauvres et les paysans moyens en conformité avec le principe de l’avantage réciproque; 5) les possibilités de surmonter les difficultés rencontrées dans la production et la vie quotidienne.
1 V. I. Lénine: « Les Tâches des Fédérations de la Jeunesse ».
Voir Entretiens de Confucius, Livre XIII, « Tse Lou”.
6 Les coopératives de forme élémentaire revêtaient un caractère semi-socialiste, elles étaient caractérisées par l’apport en terres et la gestion unique. Comme leurs membres conservaient la propriété privée des moyens de production, tels que les terres, le bétail et le gros outillage agricole, elles devaient, pour les utiliser, attribuer aux membres des « dividendes” il raison de leur apport. C’est pourquoi on dit qu’elles maintenaient la propriété semi-privée.
- Au cours de la préparation du recueil L’Essor du socialisme dans les campagnes chinoises, le camarade Mao Tsétoung a rédigé 104 notes introductoires. Nous en reproduisons ici 43. Lors de la réunion élargie du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois. tenue à Tchengtou en mars 1938. une partie des notes a été réimprimée. A cet effet, le camarade Mao Tsétoung a écrit le 19 mars une notice, dont voici le texte intégral :
Ces notes introductoires, figurant dans L’Essor du socialisme dans les cam¬pagnes chinoises, ont été rédigées en septembre ct en décembre 1953. Certaines d’entre elles conservent aujourd’hui encore leur intérêt. Cependant, il y est dit que 1955 a été l’année où le socialisme a remporté sa victoire fondamentale dans
la bataille décisive contre le capitalisme: cette formulation ne convient pas bien. Il faudrait dire: L’annéc 1955 a été celle où la victoire fondamentale a été ar¬rachée dans les rapports de production pour ce qui est de la propriété, alors que dans les autres domaines des rapports de production ainsi que dans certains domaines de la superstructure, c’est-à-dire sur les fronts idéologique et politique, nous n’avons encore obtenu ni la victoire fondamentale ni la victoire complète; il nous faut donc poursuivre nos efforts. Nous ne nous attendions pas qu’cn 1956 une tempête si violente dût souffler dans l’arène internationale, ni que, dans la même année, il survint à l’intérieur du pays l’affaire de la « lutte contre la progression aventureuse » qui a refroidi l’enthousiasme des masses. Ces deux événements ont été pour les droitiers un puissant stimulant dans leurs attaques frénétiques. D’où l’on peut tirer la leçon que la révolution socialiste tout comme l’édification socialiste ne sauraient avoir toujours le vent en poupe et que nous devons nous préparer à affronter les nombreuses ct énormes difficultés qui pour¬raient surgir au-dedans comme au-dehors du pays. 11 est cenain que la situation générale, tant intérieure qu’internationale, nous est favorable. Cependant, il sc produira à coup sûr de nombreuses et d’énormes difficultés, et nous devons être prêts li y faire face.[↩]