Sur l’institution du système de rapports

Sur l’institution du système de rapports1Directive à l’intention du Parti, rédigée par le camarade Mao Tsé-toung au nom du Comité central du Parti communiste chinois. Le système de rapports prescrit dans cette directive marque un développement, dans des conditions nouvelles, de la longue lutte menée par le Comité central pour maintenir fermement le centralisme démocratique et pour combattre les tendances à l’indiscipline et à l’anarchie. Le problème revêtait une importance particulière à l’époque, parce que d’immenses progrès étaient survenus dans la situation révolutionnaire: de nombreuses régions libérées avaient été reliées entre elles en un seul tenant, de nombreuses villes avaient été libérées ou étaient sur le point de l’être, l’Armée populaire de Libération avait pris un caractère plus prononcé d’armée régulière, la Guerre de Libération populaire celui de guerre régulière, et la victoire sur le plan national était en vue. Cette situation exigeait du Parti qu’il éliminât rapidement tout état d’indiscipline ou d’anarchie en son sein et dans l’armée et qu’il concentrât aux mains du Comité central tout le pouvoir qu’il était nécessaire et possible de centraliser. L’institution d’un strict système de rapports fut une mesure importante prise par le Parti pour atteindre ce but. Sur cette question, voir également “Le Travail de réforme agraire et de consolidation du Parti pour 1948”, section VI, pp. 270-271, et “Circulaire du Comité central du Parti communiste chinois sur la réunion de septembre”, point 4, p. 288 du présent tome.

Mao Zedong

7 janvier 1948

Dans le but de procurer au Comité central en temps utile les informations nécessaires pour qu’il puisse aider toutes les régions, soit avant les faits, soit après, à éviter des erreurs ou à en commettre moins, e manière à remporter des victoires encore plus grandes dans la guerre révolutionnaire, est institué à partir de cette année le système de rapports que voici:

1. Le secrétaire de chaque bureau ou sous-bureau du Comité central doit soumettre au Comité central et à son président un rapport général bimestriel (rédigé par lui-même et non par ses assistants). Le rapport doit comprendre, pour chaque région intéressée, les activités dans les domaines militaire, politique, de la réforme agraire, de la consolidation du Parti, de l’économie, de la propagande et de la culture, les problèmes et les tendances apparus dans ces activités et les méthodes appliquées à leur solution. Chaque rapport sera limité à environ mille mots et ne devra pas dépasser deux mille, sauf dans des cas particuliers. Si toutes les questions ne peuvent pas être traitées dans un seul rapport, on en écrira deux. Ou bien le premier rapport portera sur quelques questions seulement en mentionnant brièvement les autres, et le rapport suivant s’occupera principalement de celles-ci en mentionnant brièvement les premières. Le rapport général doit se borner à l’essentiel et être écrit dans un style concis; il signalera les problèmes ou bien les points controversés. Il doit être écrit et envoyé par télégramme dans les dix premiers jours de chaque mois d’ordre impair2C’est-à-dire janvier, mars, mai, etc.187. Tel sera le rapport régulier avec demande d’instructions que le secrétaire de chaque bureau ou sous-bureau est tenu personnellement de soumettre au Comité central et à son président. Quand le secrétaire est au front pour diriger des opérations militaires, il doit, en plus des rapports qu’il soumettra lui-même, charger le secrétaire par intérim ou le secrétaire adjoint de rédiger des rapports sur les activités de l’arrière. Les décisions ci-dessus n’incluent pas les rapports et demandes d’instructions occasionnels que les bureaux et sous-bureaux doivent, comme par le passé, soumettre au Comité central.

Nous avons institué ce système de rapports concernant la politique du Parti, rapports généraux réguliers avec demande d’instructions, parce que, depuis le VIIe Congrès de notre Parti, certains camarades (certains seulement) des bureaux et sous-bureaux n’ont pas encore compris la nécessité et l’importance de soumettre des rapports au Comité central et de lui demander des instructions avant ou après les faits, ou n’envoient que des rapports et des demandes d’instructions de caractère technique. Il en est résulté que le Comité central n’était pas éclairé ou était insuffisamment éclairé sur leurs activités et les mesures politiques importantes qu’ils avaient prises (il ne s’agit pas de celles qui sont d’importance secondaire ou de caractère technique), si bien qu’il s’est produit des situations auxquelles il a été impossible ou difficile de remédier, ou qui avaient déjà causé des pertes quand il a été possible d’y remédier. Par contre, les bureaux et sous-bureaux qui ont demandé des instructions préalables et soumis des rapports après les faits ont évité ou réduit de telles pertes. A partir de cette année, les organes dirigeants du Parti à tous les échelons doivent se corriger de la mauvaise habitude de ne pas demander d’instructions préalables aux échelons supérieurs et de ne pas leur soumettre de rapports après les faits. Les bureaux et sous-bureaux, qui sont des organes chargés par le Comité central d’exécuter, en son nom, les tâches qu’il leur confie, doivent garder le contact le plus étroit avec lui. De même, les comités de province ou de territoire du Parti doivent garder un contact étroit avec les bureaux et sous-bureaux du Comité central. Maintenant que la révolution est entrée dans une nouvelle période d’essor, il est absolument nécessaire de renforcer ces contacts.

2. Outre l’obligation qu’ils ont de soumettre des rapports et demandes d’instructions sur les principes d’opérations chaque fois que cela est nécessaire, et de présenter, conformément à une réglementation antérieure, des rapports mensuels sur les gains dans les combats, les pertes en hommes et les dépenses en matériel, et sur la puissance réelle de leurs troupes, les camarades dirigeants d’armées de campagne et de régions militaires auront, tous les deux mois, à partir de cette année, à faire des rapports généraux sur la politique du Parti avec demandes d’instructions. Ces rapports et demandes d’instructions porteront notamment sur la discipline des troupes, leurs conditions de vie, le moral des commandants et des combattants, les déviations survenues dans leurs rangs et les méthodes employées pour les corriger, les progrès ou les reculs dans la technique et la tactique, sur les qualités et les points faibles des forces ennemies et l’état de leur moral, sur le travail politique de notre armée, l’exécution de la politique agraire, de la politique dans les villes et de la politique concernant les prisonniers de guerre et sur les méthodes pour corriger les déviations survenues dans ces domaines, sur les relations entre l’armée et le peuple ainsi que les tendances des différentes couches de la population. La longueur de ces rapports, la façon de les rédiger et le moment de leur expédition doivent être les mêmes que pour les rapports des bureaux et sous-bureaux du Comité central. Si de violents combats ont lieu au moment où le rapport devrait être envoyé (c’est-à-dire dans les dix premiers jours de chaque mois d’ordre impair), il pourra être avancé ou retardé de quelques jours, mais les raisons doivent en être indiquées. La partie du rapport qui traite du travail politique doit être rédigée par le chef du département politique de l’armée en question, examinée et corrigée par le commandant et le commissaire politique et signée conjointement par tous les trois. Ces rapports seront télégraphiés au président de la Commission militaire du Parti. Nous demandons ces rapports généraux sur la politique du Parti pour les mêmes raisons que nous en exigeons des bureaux et sous-bureaux.

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Notes

1 Directive à l’intention du Parti, rédigée par le camarade Mao Tsé-toung au nom du Comité central du Parti communiste chinois. Le système de rapports prescrit dans cette directive marque un développement, dans des conditions nouvelles, de la longue lutte menée par le Comité central pour maintenir fermement le centralisme démocratique et pour combattre les tendances à l’indiscipline et à l’anarchie. Le problème revêtait une importance particulière à l’époque, parce que d’immenses progrès étaient survenus dans la situation révolutionnaire: de nombreuses régions libérées avaient été reliées entre elles en un seul tenant, de nombreuses villes avaient été libérées ou étaient sur le point de l’être, l’Armée populaire de Libération avait pris un caractère plus prononcé d’armée régulière, la Guerre de Libération populaire celui de guerre régulière, et la victoire sur le plan national était en vue. Cette situation exigeait du Parti qu’il éliminât rapidement tout état d’indiscipline ou d’anarchie en son sein et dans l’armée et qu’il concentrât aux mains du Comité central tout le pouvoir qu’il était nécessaire et possible de centraliser. L’institution d’un strict système de rapports fut une mesure importante prise par le Parti pour atteindre ce but. Sur cette question, voir également “Le Travail de réforme agraire et de consolidation du Parti pour 1948”, section VI, pp. 270-271, et “Circulaire du Comité central du Parti communiste chinois sur la réunion de septembre”, point 4, p. 288 du présent tome.
2 C’est-à-dire janvier, mars, mai, etc.187