Malgré la répression, le PBSP a tenu son troisième Congrès

Malgré la répression, le PPBO a tenu son troisième Congrès

Parti Prolétarien du Bengale Oriental

1993

   Extrait du magazine RIM, Un monde à gagner, n°19 (1993)

   Le Parti Prolétarien du Bengale Oriental (Purba Banglar Sharbahara Party [PBSP]), un parti membre du Mouvement Révolutionnaire Internationaliste (RIM), a tenu avec succès et enthousiasme son troisième congrès en février 1992, malgré une nouvelle campagne de répression de l’État réactionnaire. Ce congrès est, pour de nombreuses raisons, extrêmement important et marque un tournant dans la vie du parti.

   Le deuxième Congrès du Parti, tenu en 1987, avait décidé qu’au cours de la synthèse des erreurs passées dans la ligne idéologique du Parti, les lignes politiques passées et présentes devraient également être revues. En fait, le deuxième congrès a décidé que cette tâche de révision de la ligne politique devait être la tâche principale du Parti. Plus tard, la tâche de révision de la ligne militaire a été ajoutée. L’objectif principal du troisième Congrès était de mener à bien le processus de révision et la lutte de deux lignes qui l’accompagnait, de résoudre les questions de ligne, et d’élire un nouveau Comité central sur cette base.

   Le troisième Congrès a accompli, avec une grande dévotion, la tâche historique qui lui avait été confiée. Tout en défendant et en soutenant les aspects corrects des lignes passées, il a identifié et rectifié les erreurs de ces dernières et est parvenu à de nouvelles positions, plus correctes, sur une série de questions. Il a également élu un nouvel organe central, le troisième comité central, qui reflète et se fonde sur ces nouvelles positions. Le Congrès a également décidé que la construction de la lutte armée et de l’organisation est la tâche principale du Parti dans la période à venir, tandis que simultanément, mais secondairement, l’examen de certaines questions de ligne sera poursuivi.

   Ce Congrès s’est tenu dans une situation politique où le régime autocratique parlementaire de Mme Khaleda Zia menait la deuxième étape d’une campagne de répression contre-révolutionnaire à l’échelle nationale, “Opération Durbar” (Opération Irrésistible), visant le Parti. (La première étape de l’opération Durbar a été lancée et menée par le précédent gouvernement du général Ershad, qui, bien que soi-disant “civil”, était en fait un régime militaire, et a été renversé en décembre 1990 à la suite de mouvements étudiants et de masses urbaines long de presque dix ans. Ce renversement a été suivi par l’introduction de la démocratie parlementaire et “civile”). Cela a intensifié les grandes difficultés auxquelles le Parti était déjà confronté en raison des graves revers subis lors de la lourde campagne de répression menée contre le Parti pendant un an dans tout le pays. Dans ce contexte, même la tenue du Congrès était complexe, risquée et difficile – mais elle a été couronnée de succès.

   La situation mondiale actuelle est marquée par l’effondrement complet du pseudo socialisme, la faillite extrême des différentes variétés de révisionnisme et les grands mensonges et la propagande des impérialistes selon lesquels “le socialisme et le communisme sont morts”, les rêveries et les vains efforts des impérialistes pour imposer un nouvel ordre mondial, et, d’autre part, le début d’une nouvelle poussée mondiale des révolutionnaires communistes maoïstes. Dans cette situation nationale et internationale, la tenue avec succès du troisième congrès du PPBO maoïste, qui promet fièrement de faire avancer fermement la lutte armée révolutionnaire, est un événement d’importance et une victoire des maoïstes dans le monde entier.

   Le Congrès comprenait des délégués issus des rangs des ouvriers, des paysans, des intellectuels de la classe moyenne et des femmes, et reflétant l’utilisation des combinaisons “trois-en-un”, il y avait des délégués d’âges avancés, d’âges moyens et des jeunes. Tous les délégués avaient été trempés dans leur lutte, y compris les plus jeunes, qui avaient vécu la grande campagne de répression de 1989, et ont tous joué un rôle de premier plan dans la reconstruction du Parti (après les revers de 1989) à ses différents niveaux.

   Après un discours inaugural du secrétaire du deuxième Comité Central, le camarade Anwar Kabir, la première résolution adoptée par le Congrès a été de rendre un hommage rouge révolutionnaire aux camarades du Parti tombés au combat et à ceux d’autres pays, en particulier au Pérou et en Iran. Le Congrès a observé une minute de silence en l’honneur des martyrs communistes et révolutionnaires. Un message du Comité de RIM saluant le Congrès a ensuite été soumis et lu à haute voix.

   Le Congrès a adopté onze résolutions, dont dix portaient sur des questions de lignes de bases. Ces onze résolutions apportent en fait des changements importants dans un certain nombre de lignes de base du Parti. En même temps, la justesse générale des lignes passées sur les questions de base a été défendue et maintenue. Le Congrès a également rejeté fermement un certain nombre de lignes révisionnistes qui sont apparues au cours de la lutte de deux lignes ces dernières années, et il a identifié des questions sur lesquelles il était nécessaire de revoir la ligne. Il a réaffirmé et souligné que, malgré quelques erreurs de bases, le camarade Shiraj Shikder était en fin de compte le représentant de la tendance la plus avancée du mouvement communiste de Purba Bangla (Bangladesh) dans les décennies 60 et 70.

   Le Congrès a adopté le “maoïsme” au lieu de la formulation précédente “pensée Mao Tsetung”.

   Le point central des nouvelles décisions politiques prises par le Congrès a été l’avancée du concept du Parti de néocolonialisme, et les changements fondamentaux correspondants concernant l’analyse socio-économique du Parti, y compris l’agriculture et la contradiction principale. L’essence de la nouvelle ligne politique sur ces questions est, brièvement : Purba Bangla est un pays néocolonial opprimé par l’impérialisme ; le caractère socio-économique du pays est un capitalisme déformé qui est soumis à l’impérialisme par le néocolonialisme ; une économie marchande est déjà l’aspect principal de l’agriculture, mais le semi-féodalisme reste un problème fondamental ; la contradiction avec l’expansionnisme indien est fondamentale ; la force dominante dans l’État est la classe bourgeoise compradore bureaucratique indigène, qui est le laquai de l’impérialisme-expansionnisme, et la contradiction entre cette classe et les larges masses d’ouvriers, de paysans et des classes moyennes est la principale contradiction dans la société. Ce n’est qu’en renversant cette classe qu’il est possible de renverser l’impérialisme, l’expansionnisme et les restes du féodalisme et d’établir un nouvel ordre socio-économique démocratique opposé à l’impérialisme, à l’expansionnisme, au féodalisme et au capitalisme bureaucratique compradore. Par conséquent, le stade de la révolution est de nouvelle démocratie et le caractère de la guerre est la guerre de classe, ou guerre civile.

 Conformément à cette compréhension plus avancée du néocolonialisme, le Congrès a résumé quelques erreurs de base, y compris des erreurs nationalistes, commises à différents moments dans le passé, pour déterminer la contradiction principale, la résolution de la question nationale et le caractère de l’État.

   Des changements très importants ont été apportés par ce Congrès dans la ligne militaire : il a été déterminé que la tâche centrale était la guerre contre l’État avec une lutte armée débutée dès le début. À cet égard, le Congrès a résumé qu’il était erroné de commencer par l’anéantissement des ennemis locaux et de considérer cela comme une étape en soi.

   Les autres décisions les plus importantes sur les questions de ligne comprirent :

  • les amendements et les changements apportés à la constitution du parti ;
  • une résolution sur la situation mondiale actuelle ;
  • une résolution sur la situation politique intérieure actuelle ;
  • neuf autres résolutions sur des questions politiques et autres.

   Ces neuf dernières résolutions portaient principalement sur le RIM, la lutte contre le révisionnisme, la guerre populaire au Pérou, les nouveaux mouvements armés de libération en Asie du Sud, au Moyen-Orient et la Conférence de Madrid, la situation dans le district des Chittagong Hill Tracts, la mort du camarade Chiang Ching, le mouvement de libération des femmes, etc.

   Une résolution a été adoptée pour promouvoir le débat, la discussion et la révision au sein du RIM sur la base des nouvelles lignes politiques.

   Le Congrès a également discuté et adopté un rapport d’organisation du Secrétaire du deuxième Comité Central. Ce rapport portait sur le travail pratique et la situation de la lutte armée et de l’activité organisationnelle au cours des quatre années qui ont suivi le deuxième congrès. Il a également traité spécifiquement de la situation du Parti au plus fort de la lutte contre la campagne de répression et du revers qui a suivi, ainsi que de la situation actuelle de l’organisation. Le rapport exprime sa sympathie et sa solidarité avec les masses, qui ont subi d’énormes dommages physiques, psychologiques et matériels, et il rend hommage aux camarades qui ont été blessés, mutilés ou capturés pendant la campagne de répression de l’État.

   L’importante session finale du Congrès s’est tenue dans la nuit du 9 février dans une zone rurale de Purba Bangla. La salle de réunion était décorée de bannières, d’affiches, de festons et de portraits soigneusement préparés et joliment dessinés des cinq grands dirigeants – Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao – ainsi que d’un portrait du camarade Shiraj Shikder, fondateur du Parti. Le drapeau rouge du Parti, avec le marteau et la faucille, se dressait fièrement sur le devant du podium. Les photographes, les techniciens et les autres camarades étaient tous très occupés à aider. Les délégués ont bu du thé et ont pris un repas léger. Ils portaient différents types de camouflage pour des raisons de sécurité. Des guérilleros armés sélectionnés se tenaient à l’affût 24 heures sur 24. Au milieu de la nuit, dans cette salle éclairée par des lampes de poche, des lampes ouragan et de nombreuses bougies, cette session a débuté par un discours d’un représentant du présidium. Après un dernier tour de discussion et de débat et l’adoption d’une série de mesures qui ont une grande importance pour le cours futur de la révolution à Purba Bangla, le Congrès a élu le troisième Comité central au scrutin secret. Parmi les membres du Comité central nouvellement élus, le nom du camarade Anwar Kabir, secrétaire du précédent Comité central, a été annoncé publiquement. La session s’est terminée par une présentation culturelle informelle, au cours de laquelle l’importante tâche de dispersion des dirigeants et des délégués a été effectuée. À ce moment-là, la salle s’était déjà remplie de partisans du Parti – hommes, femmes, jeunes et vieux.

   Alors que les différents délégués retournaient dans leurs zones de travail à travers le pays, ils passèrent dans les champs de cultures d’hiver, mouillés par la rosée du matin, et, dans l’agréable brise matinale de la fin de l’hiver, regardèrent le soleil levant répandre sa lueur rouge sur le ciel oriental. Les visages des camarades en marche brillaient par leur détermination à affronter les luttes révolutionnaires de vie et de mort qui les attendaient.

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