Vers l’abolition de la division du travail.

Les Cahiers de Contre-Enseignement Prolétarien

#12 – Marx et l’Éducation

4. Vers l’abolition de la division du travail.

   Pour Marx, la division du travail n’est nullement la forme éternelle de la société humaine. La nature même de l’industrie exige la suppression des formes artificielles de la division du travail. La prémisse de l’abolition totale de l’inégalité sous toutes ses formes, c’est avant tout l’abolition des classes, la suppression de l’opposition entre la ville et la campagne et, ensuite, l’abolition de la division du travail en occupations intellectuelles et occupations manuelles.

   C’est précisément à cela que doit contribuer l’éducation polytechnique, réalisable seulement dans les conditions de la dictature du prolétariat, du socialisme et du communisme, à l’époque où le travail productif a cessé d’être un instrument d’asservissement pour devenir « un moyen d’émancipation » offrant à chaque individu la possibilité de se développer dans toutes les directions et de manifester toutes ses capacités physiques et morales.

   Dans l’Anti-Dühring, Engels analyse une conséquence de l’abolition de la propriété privée : caractérisant la société délivrée des entraves de la production capitaliste qui met en mouvement les forces productives conformément à un plan général unique, il dit que cette société engendrera « une race de producteurs à l’instruction poussée dans tous les sens, qui connaîtront les bases scientifiques de la production industrielle tout entière, et dont chacun aura passé de bout en bout dans la pratique de toute une série de branches de la production1Anti-Dühring, édit. Costes, t. III, p. 74. ». Il définit nettement la formation et l’éducation de la personnalité nouvelle, l’entière possibilité pour chacun de travailler selon ses inclinations et aptitudes : « L’industrie gouvernée méthodiquement par toute la société et conformément à l’intérêt public a besoin d’Hommes à aptitudes harmonieusement développées, d’Hommes capables de s’orienter dans tout le système de production ». C’est l’éducation qui permettra aux jeunes gens de se familiariser rapidement avec tout le système de production, qui leur donnera la possibilité de passer d’une branche à l’autre selon les besoins de la société ou selon leurs propres inclinations. Ainsi, l’éducation les affranchira de l’étroitesse unilatérale imposée par la division actuelle du travail.

   L’U.R.S.S. est déjà entrée dans la période du socialisme. On a achevé la construction des assises de l’économie socialiste. On a créé toutes les conditions nécessaires à la transformation du travail agricole en une variété du travail industriel. On réalise l’idée de Marx sur l’éducation polytechnique.

   

Notes

Notes
1 Anti-Dühring, édit. Costes, t. III, p. 74.