Lettre à Kim II Sung, Président du Cabinet des Ministres de la République Démocratique Populaire de Corée

Lettre à Kim II Sung, Président du Cabinet des Ministres de la République Démocratique Populaire de Corée

Staline

12 octobre 1948

   Paru dans la Pravda, 13 octobre 1948.

   Je Vous accuse réception de Votre lettre du 8 octobre où Vous m’informez que le Gouvernement de la République démocratique populaire de Corée est entré en fonction, et proposez d’établir des relations diplomatiques avec l’URSS et d’échanger des ambassadeurs, ainsi que d’établir des relations économiques appropriées entre les deux Etats1A la Conférence du Caire, le 30 novembre 1943, Churchill, Roosevelt et Tchiang Kaï-chek s’étaient mis d’accord pour que la Corée, annexée par le Japon depuis près d’un demi-siècle, recouvre son indépendance. Mais la Corée devait accéder à cette liberté en temps voulu. Différents systèmes furent envisagés pour l’administration du pays durant cette période de transition. De fait, après la libération de la Corée par les troupes de l’Armée rouge à la fin de l’année 1945 et l’établissement d’une frontière au 38e parallèle pour séparer l’Armée rouge des troupes américaines qui avaient débarqué dans le Sud. une commission mixte fut chargée provisoirement de cette administration. Il s’avéra très vite que les Coréens étaient aptes à construire eux-mêmes leur indépendance. Mais les Etats-Unis, qui tenaient à garder une base militaire, refusèrent la proposition soviétique d’un retrait bilatéral des troupes. Ainsi les décisions adoptées à la Conférence de Moscou des ministres des Affaires étrangères de l’Union Soviétique, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne étaient bafouées et la réunification du pays rendue impossible. Cf. L’Union Soviétique et la question coréenne, documents édités par le ministère des Affaires étrangères de l’URSS, Moscou, 1948..

   Le Gouvernement soviétique qui défend invariablement le droit du peuple coréen à créer son propre Etat indépendant et uni, salue la formation du Gouvernement coréen et lui souhaite un plein succès dans son activité, au mieux du relèvement national et du développement démocratique de la Corée. Le Gouvernement soviétique se déclare prêt à établir des relations diplomatiques entre l’URSS et la République démocratique populaire de Corée, à échanger des Ambassadeurs et, en même temps, à établir des relations économiques appropriées.

   J. Staline

   Président du Conseil des Ministres de l’Union des R.S.S.

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Notes   [ + ]

1. A la Conférence du Caire, le 30 novembre 1943, Churchill, Roosevelt et Tchiang Kaï-chek s’étaient mis d’accord pour que la Corée, annexée par le Japon depuis près d’un demi-siècle, recouvre son indépendance. Mais la Corée devait accéder à cette liberté en temps voulu. Différents systèmes furent envisagés pour l’administration du pays durant cette période de transition. De fait, après la libération de la Corée par les troupes de l’Armée rouge à la fin de l’année 1945 et l’établissement d’une frontière au 38e parallèle pour séparer l’Armée rouge des troupes américaines qui avaient débarqué dans le Sud. une commission mixte fut chargée provisoirement de cette administration. Il s’avéra très vite que les Coréens étaient aptes à construire eux-mêmes leur indépendance. Mais les Etats-Unis, qui tenaient à garder une base militaire, refusèrent la proposition soviétique d’un retrait bilatéral des troupes. Ainsi les décisions adoptées à la Conférence de Moscou des ministres des Affaires étrangères de l’Union Soviétique, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne étaient bafouées et la réunification du pays rendue impossible. Cf. L’Union Soviétique et la question coréenne, documents édités par le ministère des Affaires étrangères de l’URSS, Moscou, 1948.