6. La théorie des symboles (ou des hiéroglyphes) et la critique de Helmholtz

Matérialisme et empiriocriticisme

Lénine

IV. Les philosophes idéalistes, frères d’armes et successeurs l’empiriocriticisme

6. La “théorie des symboles” (ou des hiéroglyphes) et la critique de Helmholtz

   Il serait opportun de noter ici, pour compléter ce que nous venons de dire plus haut des idéalistes, compagnons de lutte et continuateurs de l’empiriocriticisme, le caractère de la critique selon Mach de certaines thèses philosophiques traitées dans nos publications. Par exemple nos disciples de Mach se réclamant du marxisme se sont attaqués avec une joie toute particulière aux « hiéroglyphes » de Plékhanov, c’est‑à‑dire à la théorie d’après laquelle les sensations et les représentations de l’homme ne sont pas une copie des choses réelles et des processus naturels, ni leurs reproductions, mais des signes conventionnels, des symboles, des hiéroglyphes, etc.1En 1892 paraissait à Genève la première édition russe de l’ouvrage de Engels Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, traduit, préfacé et annoté par G. Plékhanov. Commentant la formulation donnée par F. Engels du problème fondamental de la philosophie et sa caractéristique de l’agnosticisme, Plékhanov expose avec esprit critique la théorie de la connaissance d’une série de courants de la philosophie idéaliste (de Hume, de Kant, des néo‑kantiens, etc.) et leur oppose la théorie matérialiste de la connaissance. Ce faisant, il commet une erreur ; « Nos sensations, dit‑il, sont des sortes d’hiéroglyphes, qui portent à notre connaissance ce qui se passe dans la réalité. Ces hiéroglyphes ne ressemblent pas aux faits dont ils nous informent. Mais ils nous informent avec une fidélité parfaite aussi bien des faits que ‑ et c’est le principal – des rapports qui existent entre eux ». (G. Plékhanov, Œuvres philosophiques, t. 1, Moscou, 1961, p. 492.) En 1905, dans les notes pour la deuxième édition de l’ouvrage d’Engels, Plékhanov avoue s’être « exprimé avec quelque imprécision » (ibid., p. 482). Bazarov raille ce matérialisme hiéroglyphique, et il faut dire qu’il aurait raison s’il le repoussait au nom du matérialisme non hiéroglyphique. Mais Bazarov use ici, une fois de plus, d’un procédé de prestidigitateur : il introduit en contrebande, sous le manteau de la critique de l’« hiéroglyphisme », son reniement du matérialisme. Engels ne parle ni de symboles ni d’hiéroglyphes, mais de copies, de photographies, de reproductions, de projection des choses comme dans un miroir. Au lieu de montrer combien Plékhanov a tort de s’écarter de la formule matérialiste d’Engels, Bazarov voile aux lecteurs, au moyen de l’erreur de Plékhanov, la vérité formulée par Engels.

   Afin d’expliquer à la fois l’erreur de Plékhanov et le confusionnisme de Bazarov, prenons un représentant notable de la « théorie des symboles » (la substitution du mot hiéroglyphe au mot symbole ne change rien à la question), Helmholtz, et voyons à quelle critique cet auteur a été soumis par les matérialistes, ainsi que par les idéalistes alliés aux disciples de Mach.

   Helmholtz, une sommité en matière de sciences de la nature, fut en philosophie tout aussi inconséquent que I’immense majorité des savants. Il fut enclin au kantisme, sans toutefois se montrer même à cet égard conséquent dans sa gnoséologie. Voici, par exemple, les réflexions que nous trouvons dans son Optique physiologique sur la correspondance des concepts et des objets : « … J’ai désigné les sensations comme symboles des phénomènes extérieurs, et je leur ai refusé toute analogie avec les choses qu’elles re présentent » (p. 579 de la trad. franç, p. 442 de l’original, allemand). C’est de l’agnosticisme, mais nous lisons plus, loin à la même page : « Nos concepts et nos représentations sont des effets que les objets que nous voyons ou que nous nous figurons exercent sur notre système nerveux et sur notre conscience. » C’est du matérialisme. Helmholtz ne se fait pourtant pas une idée nette des rapports entre la vérité absolue et la vérité relative, ainsi que l’attestent ses raisonnements ultérieurs. Ainsi, il dit un peu plus bas : « Je crois donc que cela n’a absolument aucun sens de parler de la vérité de nos représentations autrement que dans le sens d’une vérité pratique. Les représentations que nous nous formons des choses ne peuvent être que des symboles, des signes naturels des objets, signes dont nous apprenons à nous servir pour régler nos mouvements et nos actions. Lorsque nous avons appris à déchiffrer correctement ces symboles, nous sommes à même, avec leur aide, de diriger nos actions de manière à produire le résultat souhaité… » Ce n’est pas exact : Helmholtz glisse ici au subjectivisme, à la négation de la réalité objective et de la vérité objective. Et il en arrive à une contrevérité flagrante quand il termine l’alinéa par ces mots : « L’idée et l’objet qu’elle représente sont deux choses qui appartenaient sans doute à deux mondes tout à fait différents… » Les kantiens seuls détachent ainsi l’idée de la réalité et la conscience de la matière. Nous lisons cependant un peu plus loin : « Pour ce qui est d’abord des qualités des objets extérieurs, il suffit d’un peu de réflexion pour voir que toutes les qualités que nous pouvons leur attribuer désignent exclusivement l’action des objets extérieurs soit sur nos sens, soit sur d’autres objets de la nature » (p. 581 de la trad. franç. ; p. 445 de l’original allem. ; je traduis du français). Helmholtz revient ici, une fois encore, au point de vue matérialiste. Helmholtz était un kantien inconséquent : tantôt il reconnaissait les lois a priori de la pensée ; tantôt il inclinait vers la « réalité transcendante » du temps et de l’espace (c’est‑à‑dire vers la façon matérialiste de les concevoir) ; tantôt il faisait dériver les sensations humaines des objets extérieurs agissant sur nos organes des sens ; tantôt il déclarait que les sensations n’étaient que des symboles, c’est‑à‑dire des désignations arbitraires détachées d’un monde « absolument différent » des choses qu’elles désignent (cf. Viktor Heyfelder : Über den Begriff der Erfahrung bei Helmholtz, Berlin, 1897).

   Voici comment Helmholtz exprime ses vues dans un discours prononcé en 1878 sur « les faits dans la perception » (« événement marquant dans le camp des réalistes », dit Leclair) : « Nos sensations sont précisément des actions exercées sur nos organes par des causes extérieures, et c’est du caractère de l’appareil qui subit cette action que dépend grandement, bien entendu, la façon dont elle se traduit. La sensation peut être considérée comme un signe (Zeichen) et non comme une reproduction, dans la mesure où sa qualité nous informe des qualités de l’action extérieure qui l’a fait naître. Car on demande à la reproduction une certaine ressemblance avec l’objet qu’elle représente… Mais on ne demande au signe aucune ressemblance avec ce dont il est le signe » (Vorträge und Reden, 1884, p. 226 du t. II). Si les sensations, n’étant pas les images des choses, ne sont que des signes et des symboles sans « ressemblance aucune » avec elles, le principe matérialiste de Helmholtz se trouve compromis, l’existence des objets extérieurs devient incertaine, car les signes ou les symboles peuvent fort bien se rapporter à des objets fictifs, et chacun connaît des exemples de pareils signes ou symboles. Helmholtz essaie, après Kant, de tracer quelque chose comme une démarcation de principe entre le « phénomène » et la « chose en soi ». Il nourrit une prévention insurmontable contre le matérialisme direct, clair et franc. Mais il dit lui-même un peu plus loin : « Je ne vois pas comment on pourrait réfuter un système d’idéalisme subjectif poussé à l’extrême, qui ne voudrait voir dans la vie qu’un rêve. Il est permis de le déclarer invraisemblable et insuffisant au possible ‑ à cet égard je souscrirais aux négations les plus vigoureuses, mais on peut le mettre en œuvre avec esprit de suite… L’hypothèse réaliste se fie, au contraire, aux jugements (ou aux témoignages, Aussage) de l’auto‑observation ordinaire, d’après laquelle les changements dans les perceptions, consécutifs à telle ou telle action, n’ont aucune relation psychique avec l’impulsion antérieure de la volonté. Cette hypothèse considère tout ce qui est confirmé par nos perceptions quotidiennes, le monde matériel extérieur à nous, comme existant indépendamment de nos idées » (pp. 242‑243). « Sans doute, l’hypothèse réaliste est la plus simple que nous puissions faire, éprouvée et confirmée dans des domaines d’application extrêmement vastes, bien déterminée dans ses différentes parties et, pas suite, éminemment pratique et féconde en tant que base d’action » (p. 243). L’agnosticisme de Helmholtz ressemble également au « matérialisme honteux » avec des manifestations kantiennes à la différence des manifestations de Huxley inspirées de Berkeley.

   C’est pourquoi Albrecht Rau, disciple de Feuerbach, condamne la théorie des symboles de Helmholtz comme une déviation inconséquente par rapport au « réalisme ». La conception essentielle de Helmholtz, dit Rau, est renfermée dans le principe réaliste selon lequel « nous connaissons à l’aide de nos sens les propriétés objectives des choses »2Albrecht Rau: Empfinden und Denken, Giessen,1896,p.304.. La théorie des symboles est en désaccord avec ce point de vue (entièrement matérialiste, nous l’avons vu), car elle implique une certaine méfiance à l’égard de la sensibilité, à l’égard des témoignages de nos organes des sens. Il est hors de doute que l’image ne peut jamais égaler le modèle, mais l’image est une chose, le symbole, le signe conventionnel en, est une autre. L’image suppose nécessairement et inévitablement la réalité objective de ce qu’elle « reflète ». Le « signe conventionnel », le symbole, l’hiéroglyphe sont des concepts introduisant un élément tout à fait superflu d’agnosticisme. Aussi A. Rau a‑t‑il parfaitement raison de dire que Helmholtz, avec sa théorie des symboles, paie le tribut au kantisme. « Si Helmholtz, dit Rau, demeurait fidèle à sa conception réaliste, s’il s’en tenait avec esprit de suite au principe que les propriétés des corps expriment à la fois les rapports des corps entre eux et leurs rapports avec nous, il n’aurait assurément pas besoin de toute cette théorie des symboles ; il pourrait alors dire, avec concision et clarté : « les sensations déterminées en nous par les choses sont la reproduction de l’essence de ces choses » (ibid., p. 320).

   Telle est la critique de Helmholtz par un matérialiste. Celui‑ci repousse, au nom du matérialisme conséquent de Feuerbach, le matérialisme hiéroglyphique ou symbolique ou le demi‑matérialisme de Helmholtz.

   L’idéaliste Leclair (qui représente l » école immanente » chère à l’esprit et au cœur de Mach) accuse lui aussi Helmholtz d’inconséquence, d’hésitation entre le matérialisme et le spiritualisme (Der Realismus der modernen Naturwissenschaft im Lichte der von Berkeley und Kant angebahnten Erkenntniskritik, p. 154). Mais la théorie des symboles n’est pas à ses yeux l’indice d’un matérialisme insuffisant ; elle est par trop matérialiste. « Helmholtz suppose, écrit Leclair, que les perceptions de notre conscience nous donnent assez de points d’appui pour connaître l’enchaînement dans le temps et l’identité ou la non‑identité des causes transcendantes. Il n’en faut pas plus à Helmholtz pour supposer dans le domaine du transcendant » (c’est‑à‑dire dans celui de la réalité objective) « un ordre régi par des lois » (p. 33). Et Leclair de fulminer contre ce « préjugé dogmatique de Helmholtz ». « Le dieu de Berkeley, s’exclame‑t‑il, cause hypothétique de l’ordre ‑ régi par des lois, ‑ des idées dans notre conscience est au moins aussi capable de satisfaire notre besoin d’une explication causale, que le monde des choses extérieures » (p. 34). « L’application conséquente de la théorie des symboles… est impossible sans une large dose de réalisme vulgaire » (c’est‑à‑dire de matérialisme) (p. 35).

   C’est ainsi qu’un « idéaliste critique » taillait en pièces Helmholtz en 1879 pour son matérialisme. Vingt ans après, Kleinpeter, élève de Mach, loué par le maître, réfutait ainsi Helmholtz « qui a vieilli » à l’aide de la philosophie « moderne » de Mach, dans un article intitulé : « Des principes de la physique chez Ernst Mach et Heinrich Hertz3Archiv für Philosophie, II, Systematische Philosophie, t. V, 1899, pp. 163 et 164.
« Archiv für Philosophie », revue philosophique idéaliste allemande à tendance, où publiaient des néo‑kantiens et des disciples de Mach ; parut à Berlin de 1895 à 1931 en deux éditions parallèles : la première Archiv für Geschichte der Philosophie sous la direction de L. Stein, et la seconde Archiv für systematische Philosophie sous la direction de P. Natorp. A partir de 1931 elle paraît sous le nom de Archiv für Philosophie und Soziologie.
». Ecartons pour le moment Hertz (tout aussi inconséquent, au fond, que Helmholtz) et voyons la comparaison établie par V. Kleinpeter entre Mach et Helmholtz. Après avoir cité divers passages de ces deux auteurs et souligné avec force les affirmations connues de Mach, selon lesquelles les corps sont des symboles mentaux des complexes de sensations, etc., Kleinpeter dit :

   « Si nous suivons la marche des idées de Helmholtz, nous y verrons les principes fondamentaux que voici :

  1. Il existe des objets appartenant au monde extérieur.
  2. On ne peut concevoir la transformation de ces objets sans l’action d’une cause quelconque (considérée comme réelle).
  3. « La cause est, selon l’acception primitive de ce mot, ce qui reste immuable, ce qui subsiste ou existe derrière la succession des phénomènes, nommément : la matière et la loi de son action, la force » (citation tirée de Helmholtz par Kleinpeter).
  4. Il est possible de déduire tous les phénomènes leurs causes avec une logique rigoureuse et sans équivoque.
  5. Lorsqu’on atteint ce but, on possède la vérité objective, dont la conquête (Erlangung) est ainsi concevable. » (p. 163).

   Kleinpeter, que révoltent les contradictions de ces principes et les problèmes insolubles qu’ils créent, note que Helmholtz ne s’en tient pas strictement à ces vues et parfois « d’expressions rappelant quelque peu le sens purement logique que Mach attribue aux mots » tels que matière, force, cause, etc.

   « Il n’est pas difficile de trouver la raison pour laquelle Helmholtz ne nous satisfait pas, si nous nous rappelons les paroles de Mach, si belles et si claires. Tout le raisonnement de Helmoltz pèche par la signification erronée prêtée aux mots : masse, force, etc. Ce ne sont en effet que concepts, que produits de notre imagination, et non point des réalités existant en dehors de la pensée. Nous sommes absolument incapables de connaître des réalités quelconques. Incapables de tirer des témoignages de nos sens, ‑ à cause de leur imperfection, ‑ une conclusion sans équivoque. Nous ne pouvons jamais affirmer, par exemple, que nous obtenons toujours, en observant une échelle déterminée (durch Ablesen einer Skala), le même nombre déterminé ; il y a toujours, dans certaines limites, une quantité infinie de nombres possibles s’accordant également bien avec les faits observés. Quant à connaître quoi que ce soit de réel en dehors de nous, nous ne le pouvons à aucun titre. A supposer même que ce soit possible et que nous connaissions les réalités, nous ne serions pas en droit de leur appliquer les lois de la logique, car étant nos lois elles ne sont applicables qu’à nos concepts, aux produits de notre pensée (souligné partout par Kleinpeter). Il n’y a pas de lien logique entre les faits, mais seulement une simple continuité ; les jugements apodictiques sont ici impossibles. Il est donc faux d’affirmer qu’un fait est la cause d’un autre ; et toute la déduction de Helmholtz construite sur ce concept tombe avec cette affirmation. Il est enfin impossible d’arriver à la vérité objective, c’est‑à‑dire existant indépendamment de tout sujet, impossible non seulement en raison des propriétés de nos sens, mais aussi parce que, étant des hommes (wir als Menschen), nous ne pouvons jamais, en général, nous faire aucune représentation de ce qui existe tout à fait indépendamment de nous » (p. 164).

   Le lecteur le voit, notre élève de Mach, répétant les expressions favorites de son maître et celles de Bogdanov, qui ne se reconnaît pas disciple de Mach, condamne sans réserve toute la philosophie de Helmholtz d’un point de vue idéaliste. La théorie des symboles n’est même pas soulignée spécialement par l’idéaliste, qui n’y voit qu’une déviation peu importante, peut‑être accidentelle par rapport au matérialisme. Mais Kleinpeter tient Helmholtz pour un représentant des « vues traditionnelles en physique », « que la plupart des physiciens partagent encore » (p. 160).

   Il s’ensuit donc que Plékhanov a commis dans son exposé du matérialisme une erreur évidente ; quant à Bazarov, il a tout embrouillé en mettant dans le même sac le matérialisme et l’idéalisme et en opposant à la « théorie des symboles » ou au « matérialisme hiéroglyphique » une absurdité idéaliste prétendant que « la représentation sensible est justement la réalité extérieure à nous ». A partir du kantien Helmholtz comme à partir de Kant lui‑même, les matérialistes sont allés vers la gauche, et les disciples de Mach vers la droite.

  

Notes   [ + ]

1. En 1892 paraissait à Genève la première édition russe de l’ouvrage de Engels Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, traduit, préfacé et annoté par G. Plékhanov. Commentant la formulation donnée par F. Engels du problème fondamental de la philosophie et sa caractéristique de l’agnosticisme, Plékhanov expose avec esprit critique la théorie de la connaissance d’une série de courants de la philosophie idéaliste (de Hume, de Kant, des néo‑kantiens, etc.) et leur oppose la théorie matérialiste de la connaissance. Ce faisant, il commet une erreur ; « Nos sensations, dit‑il, sont des sortes d’hiéroglyphes, qui portent à notre connaissance ce qui se passe dans la réalité. Ces hiéroglyphes ne ressemblent pas aux faits dont ils nous informent. Mais ils nous informent avec une fidélité parfaite aussi bien des faits que ‑ et c’est le principal – des rapports qui existent entre eux ». (G. Plékhanov, Œuvres philosophiques, t. 1, Moscou, 1961, p. 492.) En 1905, dans les notes pour la deuxième édition de l’ouvrage d’Engels, Plékhanov avoue s’être « exprimé avec quelque imprécision » (ibid., p. 482).
2. Albrecht Rau: Empfinden und Denken, Giessen,1896,p.304.
3. Archiv für Philosophie, II, Systematische Philosophie, t. V, 1899, pp. 163 et 164.
« Archiv für Philosophie », revue philosophique idéaliste allemande à tendance, où publiaient des néo‑kantiens et des disciples de Mach ; parut à Berlin de 1895 à 1931 en deux éditions parallèles : la première Archiv für Geschichte der Philosophie sous la direction de L. Stein, et la seconde Archiv für systematische Philosophie sous la direction de P. Natorp. A partir de 1931 elle paraît sous le nom de Archiv für Philosophie und Soziologie.